Le silence d'Al Azhar dénonce la dictature de Tantawi

10:30 - December 15, 2008
Code de l'info: 1719242
Soudan(IQNA)- Le centre islamique Al Azhar et les enseignants de cette université n'avaient jamais eu le courage de critiquer les actes de leur doyen Tantawi qui agissait sous le contrôle du gouvernement égyptien et qui règnait en dictateur, au sein de l'université.
Amir Musawi, attaché culturel de l'ambassade de la République islamique d'Iran au Soudan, spécialiste des affaires du Moyen-Orient et conseiller médiatique du directeur de l'association culturelle des relations islamiques, en Iran, lors d'un entretien téléphonique avec les services internationaux de l'Agence internationale de presse coranique(IQNA) a déclaré que le centre islamique Al Azhar et les enseignants de cette université n'avaient jamais eu le courage de critiquer les actes de leur doyen Tantawi qui agissait sous le contrôle du gouvernement égyptien et qui règnait en dictateur, au sein de l'université.
"Tantawi ne supporte aucune critique, il a le droit, en vertu des pouvoirs que le gouvernement lui a données, d'expulser ou de faire incarcérer tout opposant. Toute discussion politique est interdite au centre Al Azhar, toute critique met en danger l'avenir de ses membres qui ne peuvent exprimer leur opposition qu'en quittant l'université ou l'Egypte.
Yussof Gharzawi, qui donne généralement son avis sur les questions du monde de l'islam, aurait du, en tant que responsable du Conseil international des ulémas et intellectuel musulman, réagir à cette affaire, or jusqu'à présent, il a choisi de garder le silence bien qu'il n'ait pas des relations très amicales avec Tantawi et prétende être opposé à la politique et aux plans d'Israël dans la région du Moyen-Orient".
L'ancien diplomate iranien, dans les pays arabes, a déclaré que le monde de l'islam devait demander des explications à Gharzawi sur son silence et son avis sur la poignée de main, échangée entre Tantawi et Shimon Pérès lors de la réunion sur le dialogue interreligieux de New York.
"Cet acte est une insulte au monde de l'islam et aux consciences éveillées des pays arabes. Les prétextes de Tantawi pour expliquer ce geste, sont encore pires que son comportement à New York. Il a prétendu "n'avoir pas reconnu" le chef des occupants sionistes et de lui avoir serré la main de façon accidentelle dans les couloirs de la conférence, tentant par-là, de minimiser cette affaire. Or par la suite, à la télévision égyptienne, il a déclaré que ce geste n'avait pas d'importance, reconnaissant ainsi qu'il s'agissait d'une entrevue programmée à l'avance. Il devra en répondre ici-bas et dans l'au-delà, car il est maudit par les femmes, les enfants et les jeunes palestiniens, et cet acte anti islamique a profondément choqué le monde de l'islam et mis en colère les Palestiniens.
Les autorités égyptiennes n'ont pas de problèmes avec Israël dont elles sont un des principaux soutiens. Tantawi agit exactement dans le cadre de cette politique de résignation et pour plaire au Président égyptien", a-t-il dit.
Musawi a souligné que le film montrait en plus de la poignée de main, un entretien de quelques minutes, entre Tantawi et Shimon Pérès. "Tantawi pour expliquer son geste, s'est comparé au Président Hosni Mobarak, en se demandant pourquoi le monde de l'islam acceptait que le Président reçoive au Caire, le chef du régime sioniste et s'offusque de cette poignée de main".
Musawi a ajouté que Tantawi avait déjà eu des comportements inacceptables en serrant la main des femmes qu'il recevait, et qu'il ne jouissait pas d'un grand prestige dans les milieux égyptiens, internationaux et sunnites. "Il n'est qu'un fonctionnaire qui agit sous les ordres des politiciens égyptiens et non un savant musulman. Cette rencontre avait pour but de sauver Israël, Pérès et son gouvernement illégitime de l'isolement. Cela était encore plus évident avec la rencontre à New York et Washington, de Malek Abdollah, qui a permis une nouvelle fois, à Israël et à l'Arabie Saoudite, de faire une apparition au niveau international.
"Certains médias islamiques ont rapporté cette nouvelle avec beaucoup de critiques, ainsi que les imams de la prière du vendredi, des diverses associations islamiques et des mosquées qui ont même réclamé le renvoi de Tantawi. Les ulémas d'Afrique, spécialement au Soudan, en Algérie et en Egypte ont aussi eu différentes réactions".
Selon Musawi, les préjugés ethniques orientent les médias arabes et islamiques qui s'alignent sur la politique officielle et sans valeur de leur gouvernement. "Certains médias islamiques contrôlés par le gouvernement, ne se sont pas beaucoup intéressés au sujet alors qu'ils ne laissent pas échapper la moindre question sur l'Iran ou les groupes chiites et organisent de multiples réunions, interviews et programmes télévisés, à ce sujet", a-t-il souligné.
Musawi qui est aussi ancien conseiller économique dans l'industrie aéronautique des forces armées, s'est ensuite consacré à la réunion interreligieuse de New York à laquelle participait l'Arabie Saoudite, et qui a permis à Shimon Pérès de rencontrer de nombreux dirigeants arabes.
"Cette réunion a été organisée et financée par Malek Abdollah, aux Nations Unies. La poignée de main a aussi été programmée par les agents saoudiens et le régime sioniste qui a subi des échecs cuisants de la part du Hezbollah et dans la bande de Gaza, et a perdu beaucoup de son prestige suite aux affaires de corruption économique et morale de l'ancien premier ministre Olmert.
Inviter les dirigeants du régime sioniste est une erreur de la part des dirigeants des pays arabes et islamiques. Israël a un gouvernement passif et est très fragile au niveau sécuritaire, d'un autre coté, le comportement honteux de Tantawi était le meilleur cadeau des autorités égyptiennes à ce régime et une honte pour le monde de l'islam. Les organisations internationales de défense des droits de l'homme auraient du se prononcer sur cette affaire, car Tantawi a serré la main d'un terroriste et d'un criminel de guerre, responsable de massacres collectifs au Liban et en Palestine, et complice de multiples crimes de guerre".
Interrogé sur les activités du centre islamique Al Azhar, il a déclaré : "Les activités du centre islamique Al Azhar étaient indépendantes à l'époque des anciens présidents Abdol Nasser et Malek Farough, mais avec Sadat, Al Azhar a perdu son caractère révolutionnaire et islamique, et s'est alignée sur la politique officielle du gouvernement égyptien.
Avec l'arrivée au pouvoir de Hosni Mobarak, la monotonie s'est généralisée dans ce centre où personne n'a le droit de s'opposer à la politique d'Israël. C'est pour cette raison que l'université est présentée comme partie intégrante du ministère des affaires sociales et islamiques, et non comme un centre scientifique et islamique indépendant, par de nombreux journaux d'opposition selon lesquels le cheikh d'Al Azhar n'était même pas au courant du siège de Gaza et qui se sont bien moqués de lui dans leurs articles.
"Dans le passé, toute action du régime sioniste contre l'islam avait un écho dans le monde de l'islam, mais aujourd'hui malheureusement, ces réactions se font de plus en plus rares et les rencontres entre les dirigeants arabes et israéliens deviennent de plus en plus normales aux yeux de l'opinion publique islamique. Cela provient de l'oppression politique qui sévit dans les sociétés islamiques, de la situation critique au niveau économique, sociale et sécuritaire, des accords entre les gouvernements arabes et les dirigeants américains et israéliens, et de l'abandon de tout mouvement anti américain et anti israélien dans ces pays.
Personne ne pourra s'opposer à la politique du régime sioniste tant que les instances internationales resteront aux mains des politiciens américains et sionistes. Tout opposant restera isolé et impuissant, or ce silence du monde de l'islam est très dangereux, les ulémas et les imams des mosquées doivent prendre la tête des mouvements et informer les musulmans. La République islamique d'Iran pour une information complète sur le monde de l'islam, a un programme d'action très avancé et étendu. Nous avons des sites d'information en plusieurs langues pour une information internationale au niveau politique et culturel", a-t-il précisé.
Seyed Amir Musawi d'origine iranienne, est né en 1964 à Najaf(Irak). Il a passé un doctorat de littérature arabe et de sciences islamiques à l'université de Khartoum au Soudan. Depuis 24 ans, il travaille pour le ministère des affaires étrangères dans les pays arabes, et est actuellement attaché culturel au Soudan.
Il est l'auteur de plusieurs articles sur des questions internationales, comme la question de l'énergie nucléaire et des progrès scientifiques en Iran, dans les journaux arabes et des journaux iraniens. Il est aussi l'auteur d'un livre intitulé "Souvenirs de prison en Irak" et d'un ouvrage de présentation de la vie culturelle au Soudan.
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