"La fête de Ghadir en premier lieu semble être une fête chiite mais en vérité, c'est la fête de l'islam et de toute l'Humanité. C'est la fête de celui qui estime que les être humains ont été créés libres et indépendants, mais qui a le moins profité dans sa vie, de cette liberté et de cette indépendance.
Ali(AS) est un modèle pour tous les humains qui sont à la recherche d'un modèle de vie. Nous n'observons aucune hostilité contre la pensée de l'Imam Ali(AS) dans le monde, et les idéologies qui ont exagéré ou minimisé le rôle et la personnalité d'Ali(AS) sont arrivées aujourd'hui, à un point d'équilibre. Les musulmans chiites ou sunnites reconnaissent que l'Imam Ali(AS) est un modèle et qu'il vaut mieux se consacrer au présent et à l'avenir, au lieu de se noyer dans des controverses historiques et servir ainsi les puissances impérialistes et leurs intérêts illégitimes.
Aujourd'hui, nous avons des problèmes et des objectifs communs, des problèmes qui ne concernent pas seulement les chiites et les sunnites mais tous les être humains dans le monde. Aujourd'hui, les souffrances des musulmans sunnites de Palestine ou des autres Palestiniens non musulmans, et des habitants de Gaza, nous font mal au cœur, comme tous les autres gens libres dans le monde. Les grandes puissances ne voient pas ces souffrances ou refusent de reconnaître leurs erreurs", a-t-il dit.
Abordant dans son discours la question de l'identité nationale, il a souligné qu'aucun individu n'était sans identité, qu'elle se constituait dans l'Histoire et la mémoire collective des peuples, et que tout individu privé d'identité, était un individu malade, tout comme une société qui elle, était vouée à disparaître.
"L'identité nationale n'est pas une chose qui s'acquiert et se forme par des décrets et des ordres gouvernementaux, la philosophie a abordé ces questions en détail. Mais est-ce que le fait d'avoir une forte identité nationale implique la violence ? Est-ce qu'une grande partie des conflits ne s'enracine pas dans des questions d'identité nationale ? Les conflits découlent en majorité, de questions politiques et économiques, mais nous ne pouvons négliger les questions d'identité nationale, ethniques et confessionnelles.
La situation actuelle du monde est paradoxale, d'un coté, nous parlons d'une mondialisation, encore mal définie, et d'un autre coté, nous assistons à une recrudescence des sentiments nationalistes. Que devons-nous faire ? Si nous limitons trop la question de l'identité nationale et établissons des frontières infranchissables, et si l'identité nationale signifie le rejet des autres, dans ce cas, elle sera à l'origine de la majorité des conflits.
Par contre, si l'identité nationale offre des perspectives d'ouverture, elle permettra un enrichissement dans la diversité, et le plaisir de vivre dans une coexistence pacifique dans le cadre de nos frontières culturelles respectives. L'Imam Ali(AS) dans sa lettre à Malek Achtar, lui donne les préceptes élémentaires d'un gouvernement fondé sur l'amour et le service des gens.
"Ne t'imagine pas que tu puisses mettre en danger les biens et les personnes, et les attaquer comme un loup, en détruisant tout et en semant le désordre ! Ces gens appartiennent à deux groupes. Ils sont soit tes frères en religion, soit tes frères en humanité", dit Ali "qui définit un cercle plus grand que celui des représentations confessionnelles, chiites ou sunnites. Il est possible de vivre au sein de frontière mais en aimant les autres", a déclaré Khatemi à la fin de son discours.