Une mosquée détruite par un raid de l'aviation israélienne dans le camp de réfugiés de Jabalya, dans le nord de la bande de Gaza. Pour la troisième journée d'affilée, l'aviation israélienne a frappé des objectifs liés au Hamas à Gaza, où l'on dénombre plus de 300 morts, dont une soixantaine de civils.
"Nous sommes en guerre totale avec le Hamas et leurs semblables", a déclaré le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, justifiant cette violence sans précédent dans le territoire depuis la guerre de 1967.
Les bombardements du jour ont visé notamment le ministère de l'Intérieur du gouvernement du Hamas, qui coiffe les 13.000 membres des forces de sécurité du groupe islamiste palestinien. Mais le bâtiment avait été préalablement évacué et on n'y déplore aucune victime.
A Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, un chef militaire du Djihad islamique recherché par Israël a été tué lors d'une frappe aérienne, ainsi que trois autres membres de ce groupe radical proche du Hamas. Un enfant figure aussi parmi les tués.
Depuis trois jours, 313 Palestiniens ont été tués, selon des sources médicales arabes, la plupart étant des activistes du Hamas. L'agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine a fait état d'au moins 57 civils tués.
L'Etat juif vise uniquement les activistes palestiniens, a souligné la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni, tout en ajoutant: "Malheureusement, dans toute guerre, des civils en paient parfois le prix."
Israël a proclamé une "zone militaire fermée" autour de la bande de Gaza, évacuée en 2005, interdisant aux journalistes de quitter le secteur, où Tsahal masse des blindés en vue d'une possible opération terrestre.
Après trois jours de pilonnages aériens, l'étroite bande côtière surpeuplée offrait une vision de chaos et de ruines et ses hôpitaux étaient débordés par l'afflux de blessés.
La plupart des Gazaouis étaient claquemurés chez eux, loin des fenêtres dont les vitres menaçaient d'éclater au prochain raid aérien israélien à proximité.
"Nous ne pouvons laisser les enfants sans surveillance à aucun moment. Ils tremblent à chaque bombardement, jour et nuit. Aucun d'entre nous n'a pratiquement pu dormir", confie Oum Hassan, une mère de sept enfants.
L'opération militaire se poursuivra "jusqu'à ce que la population du sud d'Israël ne vive plus dans la terreur et dans la crainte des tirs incessants de roquettes", a affirmé Mark Regev, porte-parole du Premier ministre Ehud Olmert!
Cela pourrait durer encore "bon nombre de jours", a précisé de son côté un porte-parole militaire.
Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a exhorté dimanche l'ensemble des factions armées palestiniennes à résister à l'offensive israélienne par "tous les moyens disponibles, y compris les opérations suicide".
L'opération israélienne a suscité une vague de protestations à travers le Moyen-Orient, où les drapeaux d'Israël et de son allié américain ont été brûlés par des manifestants.
Le chef de l'équipe palestinienne de négociations avec Israël, l'ancien Premier ministre Ahmed Koreï, a annoncé la suspension de ces pourparlers, qui piétinent depuis un an.
Réuni d'urgence dimanche soir, le Conseil de sécurité des Nations Unies a appelé à la fin de "toutes les violences".
Source: lexpress