La Conférence internationale sur «Israël : crimes de guerre et génocide» impute à Israël la responsabilité de la destruction totale à Gaza

10:47 - February 17, 2009
Code de l'info: 1744929
Rabat(IQNA)- La Conférence internationale sur «Israël : crimes de guerre et génocide» a clôturé ses travaux à Rabat par l’adoption de la Déclaration de Rabat, qui réaffirme le droit du peuple palestinien à la libération de ses territoires, à l’autodétermination et à l’établissement de son Etat indépendant avec, pour capitale, Al Qods.
La Déclaration a, par ailleurs, appelé la communauté internationale à agir rapidement pour mettre fin aux souffrances du peuple palestinien et établir une paix juste et globale dans la région.
Elle a également condamné avec force les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés par les autorités d’occupation israéliennes durant la guerre menée contre le peuple palestinien dans la Bande de Gaza et appelé la communauté internationale à condamner ces crimes et les réprouver de manière claire.
La Déclaration a, d’autre part, affirmé la responsabilité des autorités d’occupation israéliennes dans la destruction totale des institutions éducatives, scientifiques et culturelles palestiniennes, des établissements publiques, habitations, hôpitaux, lieux de culte et locaux de l’UNRWA à Gaza ; et appelé à la mobilisation de l’opinion publique et de la communauté internationale, qu’il s’agisse de gouvernements, d’institutions ou d’organisations internationales et régionales, pour amener les autorités d’occupation israéliennes à verser toutes les indemnités qui reviennent aux citoyens palestiniens.
De même, la Déclaration a appelé à entamer les démarches nécessaires, dans le cadre de la coopération et la coordination avec les organisations et les institutions de défense des droits de l’Homme, les intellectuels, les hommes de la culture et des médias, pour constituer des dossiers juridiques complets et documentés sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par les dirigeants civils et militaires israéliens durant la guerre contre la Bande de Gaza, afin de traduire ceux-ci devant la Cour pénale internationale ou devant les tribunaux pénaux nationaux.
Soulignant le droit du peuple palestinien à résister à l’occupation, conformément à la Charte des Nations Unies et à la Résolution 2625 de l’Assemblée générale, qui reconnaît à chaque État le droit à l’autodétermination, la Déclaration a souligné que le blocus imposé par les autorités d’occupation israéliennes à la population de Gaza, la privant ainsi de nourriture et de médicaments, constitue, du point de vue du droit international, un crime contre l’humanité et un génocide qui a coûté la vie à environ 300 victimes innocentes (malades, nourrissons et personnes âgées) qui avaient grandement besoin d’être convenablement nourris et soignés. Elle a appelé à l’application complète de l’article 2, alinéa 4, de la Charte des Nations Unies concernant l’abstention de l’emploi de la force militaire contre les populations civiles et ce, afin de maintenir la paix et la sécurité internationales et traduire tout contrevenant devant la justice internationale.
A cet égard, la Déclaration a incité les parties compétentes dans les pays arabes et islamiques à demander, le cas échéant, l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, conformément à l’Article 96 de la Charte des Nations Unies, pour catégoriser les crimes israéliens (génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, etc.), de même qu’elle a recommandé de mettre sur pied un groupe de travail composé de douze membres parmi les avocats internationaux, les militants des droits de l’Homme représentant les instances internationales et les médecins témoins des crimes israéliens, le but étant de constituer un dossier juridique complet contre les israéliens responsables des crimes de guerre et de génocide, soutenir les efforts visant à soumettre ledit dossier et en assurer le suivi auprès de la Cour pénale internationale.
En outre, la Déclaration a recommandé la constitution d’un dossier complet sur les crimes de guerre israéliens contre le peuple palestinien pour le soumettre aux organisations internationales, telles que l’Organisation des Nations Unies et ses agences spécialisées : l’OMS, l’UNICEF, l’UNESCO et autres instances concernées ; et la création d’un site web présentant tous les éléments dudit dossier, y compris les témoignages vivants et les images, tout en consacrant une rubrique pour recueillir les commentaires sur le contenu de ce site.
D’autre part, la Déclaration a appelé les Etats arabes et islamiques à tirer bénéfice des attributions de l’Assemblée générale des Nations Unies pour créer des tribunaux spéciaux aux fins d’y juger les criminels de guerre israéliens, et faire valoir l’article 146 de la Quatrième Convention de Genève qui donne, en l’espèce, la possibilité aux Etats membres de prendre les mesures nécessaires pour poursuivre les criminels de guerre, quelle que soit leur nationalité et quelle que soit la région où ils ont commis leurs crimes.
Soulignant le fait que les crimes de guerre et le génocide perpétrés par les autorités d’occupation israéliennes contre les Palestiniens à Gaza ou en Cisjordanie relèvent d’un terrorisme d’État colonialiste engagé par les gouvernements israéliens depuis l’occupation de la Palestine en 1948, la Déclaration a appelé à ce que la poursuite en justice concerne les Israéliens à titre individuel et collectif et recommandé, à cet égard, le soutien de la saisine individuelle et collective des tribunaux nationaux des Etats dont la législation autorise le jugement des criminels de guerre et introduire des actions en justice contre les criminels de guerre israéliens.
Elle a, de plus, appelé les organisations des droits de l’homme et les organisations de la société civile, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du monde islamique, à agir en concertation avec les organes médiatiques internationaux libres et à tirer avantage des espaces d’expression et d’échange qu’offre l’internet afin d’éclairer l’opinion publique internationale et dévoiler les contre-vérités colportées par les autorités d’occupation israéliennes avec le soutien des gouvernements occidentaux, qui présentent Israël comme un État pratiquant la légitime défense contre le terrorisme palestinien et tentent de promouvoir son image comme la seule démocratie dans la région, en justifiant par là-même le massacre des civils palestiniens comme étant des dommages collatéraux dus au fait que les résistants se cachent parmi la population civile de Gaza.
La Conférence a, par ailleurs, recommandé la multiplication des jugements symboliques des criminels de guerre israéliens non seulement dans les pays arabes mais aussi dans les capitales européennes et américaines, en coopération avec les organisations de la société civile, l’objectif étant de lever le blocus médiatique imposé par le lobby sioniste sur l’opinion publique occidentale.
Elle a appelé l’ISESCO et les organisations de défense des droits de l’Homme à organiser des ateliers et autres activités dans les États membres pour faire connaître le droit humanitaire international et les lois internationales relatives au thème de la conférence et œuvrer à les mettre à contribution pour renforcer la lutte juridique, intellectuelle et politique contre l’occupation israélienne et traduire les criminels de guerre israéliens, civils et militaires, en justice.
Elle a invité l’ISESCO à se concerter avec les États membres de l’Organisation de la Conférence islamique pour que les établissements d’enseignement, à leurs différents niveaux, programment une matière sur les « crimes de guerre israéliens en Palestine », pour la mémoire de la lutte palestinienne, arabe et islamique contre l’occupation israélienne, notamment auprès des générations futures.
De plus, la Déclaration a appelé à l’activation de l’Observatoire international pour la documentation des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par les responsables israéliens contre le peuple palestinien, en demandant aux organisations régionales et internationales des droits de l’Homme de soutenir l’action de cet Observatoire, et à la publication d’une étude de référence globale sur les crimes et les violations du droit international et des résolutions de l’ONU par les autorités d’occupation israéliennes.
La Conférence a invité l’ISESCO à soumettre les résultats de cette conférence à la réunion sur le suivi des décisions de la Conférence de Durban, qui se tiendra du 25 au 27 avril 2009 à Genève.
La Conférence, qui a remercié le Directeur général de l'ISESCO, Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, pour avoir pris l’initiative de convoquer cette conférence, a salué les efforts consentis par l’Organisation islamique dans le domaine de la protection des sanctuaires de l’Islam et de la Chrétienté en Palestine et le soutien des institutions éducatives, scientifiques et culturelles palestiniennes.
Source: ISESCO
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