Edité par Apollonia, sur un texte de Mohamed Kerrou et des photographies de Mohamed Sakli, l’ouvrage est à la hauteur de l’événement. Le premier beau livre consacré à Kairouan, en cette année qui lui est vouée, vient de paraître.
Kairouan Qayrawân, mot d’origine persane, puis Takirwan, pour plaire aux Berbères, puis Al Qayrawan change de site trois fois entre l’an 654 et l’an 682 de notre ère, date à laquelle elle se stabilise définitivement sur le lieu choisi au départ par Okba Ibn Nafaâ, abandonné puis réintégré.
La ville s’élève à une journée de marche de la mer et des montagnes, cœur de l’univers de l’époque et à égale distance de tous les dangers.
Le livre se présente comme une promenade à Kairouan où «nous sommes tous des promeneurs dans l’espace et dans le temps», selon l’auteur.
C’est dans un monde «palpitant de vie et un musée à ciel ouvert» que Mohamed Kerrou nous propose d’entrer, dans un premier chapitre qu’il intitule «Le genre des lieux». Et il faut reconnaître que l’auteur a le sens des titres : «Souks ouverts et souks couverts», «Bled al zarbiya» ou encore «La Mecque se trouve à Kairouan». Tout comme d’ailleurs il a le sens de la légende, les textes accompagnant les photos allant bien au-delà du simple commentaire d’image.
Cette promenade kairouanaise à laquelle nous convie Mohamed Kerrou est une superbe plongée dans le passé mais aussi une digression dans le présent et la grande Histoire s’émaille de petites anecdotes, de légendes, de «on dit» qui donnent toute sa saveur à ce livre.
On y découvre les hauts lieux de la ville mosquées, zaouias mais aussi les coins et recoins, le
Mhenniya, ce mur où les femmes superstitieuses viennent apposer leurs mains rougies au henné pour trouver époux, les colonnes de la Grande Mosquée qui vous permettent, si vous pouvez passer entre elles, d’accéder au paradis, les placettes secrètes, les boutiques obscures.
On nous y raconte les personnages qui firent la cité, Kamla, la fille du gouverneur, qui tissa le premier tapis de Kairouan, Sidi Amor Abada, maître forgeron, dernier saint de la ville dont on dit qu’il «associe admirablement religion populaire folie de l’esprit, puissance du verbe et esthétique du poste».
Source: jetsetmagazine