En 1965, après avoir soutenu une thèse de doctorat en droit sur "Les Européens et l'indépendance de l'Algérie", il part pour l'Algérie où il travaille comme coopérant.
En 1980, il devient directeur du laboratoire du CNRS sur le monde arabe et professeur à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence. En 1985, il fonde l'Observatoire du fait religieux, qu'il dirige jusqu'en 2006. Il forme des centaines d'élèves, au point qu'on peut parler d'une "école aixoise", dont il a été l'initiateur. Parmi ses disciples, on peut citer Franck Fregosi, Jocelyne Cesari, Raphaël Liogier.
Il a été l'un des premiers politologues à s'intéresser à l'islam, une spécialité réservée jusque-là aux orientalistes, spécialistes de la langue et de la culture arabe. En 1987, il publie L'Islam(Hachette).
Son intérêt pour l'islam politique le conduit à se pencher sur la sédentarisation des immigrés du Maghreb en France. Il publie en 1989 La France et l'islam (Hachette).
Bruno Etienne est l'un des premiers vulgarisateurs de la formule "Islam de France", soulignant le processus de "nationalisation" de la religion musulmane dans l'Hexagone. Il contribue à remettre en cause le cliché d'une religion étrangère et importée, montrant sa proximité et ses affinités avec l'histoire de France. Ses travaux convergent vers la même idée : l'islam est devenu une religion "française" et la France sera probablement appelée à être une terre de réforme musulmane.
"De ce point de vue, il fut l'un des principaux inspirateurs de ce qui allait devenir le Conseil français du culte musulman, défendant une conception gallicane de l'islam de France. Bruno Etienne n'hésitait pas à dénoncer les dictateurs du monde arabe. Dans ses écrits, il critiquait régulièrement les régimes dits "laïcs" autant que les théocraties du Golfe, dont il dénonçait l'hypocrisie.
Source: saphirnews