Cette manifestation a traité, deux jours durant, divers aspects législatifs et sociaux associés à la pratique du culte musulman en Europe. Des chercheurs et juristes marocains et étrangers spécialisés en la matière ainsi que plusieurs représentants politiques et acteurs culturels et sociaux, ont pris part à cette rencontre qui a été une occasion propice pour aborder différents aspects concernant l'Islam dans le vieux continent et les attentes des communautés musulmanes qui réclament leur reconnaissance et la satisfaction de leurs besoins en termes religieux, éducatifs culturels. Ce colloque a été marqué par l'appel lancé par le secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger(CCME), Abdellah Boussouf, aux pays européens à oeuvrer pour changer l'image erronée et les stéréotypes sur l'Islam véhiculés dans les médias et les programmes scolaires.
Même si tous les pays européens sont dotés de constitutions, qui garantissent toutes les libertés dont celle du culte, il existe encore un grand fossé entre la théorie et le vécu quotidien, qui reste marqué par des discriminations visant les membres des communautés musulmanes dans ces pays, a-t-il dit dans l'allocution de clôture du colloque. Boussouf a également appelé ces pays à aider à la construction de lieux de culte décents pour ces communautés religieuses et promouvoir toutes les initiatives visant à faire mieux connaître l'Islam dans la société. Cette action doit également inciter, a-t-il dit, les communautés musulmanes à renforcer leur organisation dans la perspective de leur intégration dans les sociétés d'accueil et à jouer un rôle positif au service de la paix, de l'harmonie, de la sécurité et du progrès. Il a souligné de même la nécessité pour les communautés musulmanes d'avoir un cadre religieux, ouvert aux femmes et aux jeunes et en mesure d'exprimer et de défendre leurs intérêts et de rechercher des réponses aux questions posées à travers l'Ijtihad.
Pour sa part, Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme en France, a estimé que les Musulmans doivent faire aussi l'effort de s'adapter aux sociétés d'accueil où ils vivent en minorité. L'Islam fait partie désormais du paysage religieux dans les pays européens qui doivent l'accueillir en tant que tel pour le bien de tous, a-t-il noté. Par ailleurs, les participants ont été unanimes sur la place qu'occupe le Royaume en tant que pays de tolérance et d'ouverture sur les autres civilisations. Le professeur Jacques Rifflet, spécialiste des politiques internationales et d'études comparées des religions en Belgique a qualifié le Maroc d'un modèle d'alliance paisible dans un monde où, ailleurs, tout dialogue est souvent assassiné. «Cette politique généreuse s'inscrit résolument dans la recherche d'une restauration de l'époque où l'Andalousie rayonnait de la tolérance et du savoir musulman», a-t-il affirmé. Et d'ajouter: «Puisse l'Europe comprendre la chance qu'elle a que vous existiez pour forger un Islam capable d'aimer et de se faire aimer dans un contexte de fraternité entre croyants et non-croyants», a-t-il relevé.
Source: lematin