«Depuis plusieurs années déjà, les Musulmans d’Europe ont entamé un processus d’intégration dans les pays d’accueil, en s’impliquant fortement dans la gestion des affaires des villes de leur résidence», ont souligné les maires des villes française de Strasbourg et allemande d’Offenbach, lors de cette rencontre, initié par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger(CCME).
Pour le maire de la ville de Strasbourg, M. Roland Ries «l’intégration de l’Islam dans les pays européens gagne en importance en raison notamment de l’évolution des mentalités et de l’acceptation des musulmans en tant que partenaires à part entière dans l’entreprise de développement et de dialogue interreligieux».
L’avenir semble prometteur, selon lui, car «il y a une acceptation très forte de l’Islam, qui bénéficie désormais d’un traitement sur le même pied d’égalité que les autres religions», estimant que «le statut de l’Islam va évoluer d’autant plus que l’opinion publique aura préalablement évolué et que les craintes de perdre son identité auront également disparu.»
Le climat d’entente et de concertation régnant entre les différentes composantes de la ville, qui abrite actuellement 16 lieux de culte musulmans aux cotés de 30 églises catholiques, 13 églises protestantes, 9 synagogues et 10 temples bouddhistes, a permis le lancement d’un appel commun des représentants de toutes les religions dans la ville, à l’occasion de la guerre contre Gaza, a-t-il dit.
La maire d’Offenbach, Mme Birgit Simon, a souligné, quant à elle, que «l’intégration des immigrés, musulmans soient-ils ou non, est érigée au rang de priorité par les responsables allemands», relevant que ces immigrés, une source, selon elle, de diversité culturelle, linguistique et économique, contribuent au développement de la ville dans tous les aspects.
L’enseignement de la langue et de la culture arabes font aussi partie des programmes de la marie, qui veille à mettre en place des programmes spécifiques éducatifs et socio-professionnels en destination des Musulmans, a-t-elle dit.
La ville d’Offenbach, dont près de la moitié de la population est constituée d’immigrants, se veut un vrai laboratoire de traitement des questions de cette couche importante de la société allemande, s’est-elle réjouie.
Auparavant, le professeur David Senat, conseiller chargé des questions juridiques et judiciaires des cultes au ministère de l’Intérieur français a soulevé une question «épineuse», qui est largement revenue dans les débats, à savoir la nécessité d’intégration de toutes les sensibilités au sein des organisations représentatives des Musulmans.
Une intégration réussie des musulmans au sein des pays d’accueil passe, selon lui, en premier lieu par la facilitation du dialogue au sein des organisations qui les représentent.
«La position des Musulmans en Europe se trouve parfois affaiblie par les dissensions au sein même des organisations représentatives des Musulmans», a-t-il fait remarquer.
Donner de l’importance à la formation des instituteurs de religion et des imams, s’ouvrir sur les autres organisations même de confession différente, se focaliser sur les dénominateurs communs entre ces organisations et trouver des réponses concrètes aux questions des Musulmans d’Europe, surtout les jeunes générations, sont là des pistes à suivre pour renforcer le poids des représentations musulmanes sur le vieux continent.
Fort de son organisation bien structurée autour des principes de l’alternance et de la légitimité élective, le conseil français du culte musulman répond à plusieurs questions posées par les Musulmans de la métropole en leur permettant d’être traités au même pied d’égalité que les autres cultes, a-t-il poursuivi. Il a tout de même appelé à la nécessité de renforcer la présence du Conseil sur la scène médiatique, pour éviter qu’il ne devienne un lieu de renfermement communautaire.
Initiée sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, cette manifestation a traité, deux jours durant, des divers aspects législatifs et sociaux associés à la pratique du culte musulman en Europe.
Source: albayane