Artiste lithographe (gravure sur pierre), Mouhamadou Moustapha Seck applique sa technique sur support miroir avec une haute portée philosophique sur le thème de la sourate «Asr».
Dans son approche artistique, Mouhamadou Moustapha Seck explore la calligraphie. Cet artiste plasticien dakarois, âgé d’une trentaine d’années, insiste sur le message islamique pour éveiller les consciences et rappeler aux fidèles croyants les préceptes de l’Islam. Il présente des œuvres d’art islamique en utilisant la calligraphie arabe et fait de la lithophanie, c’est-à-dire un travail sur support miroir. Ses œuvres d’une exceptionnelle symbiose de couleurs et de formes sont des invocations des noms d’Allah, rappelant l’unicité et l’incommensurabilité de Dieu.
Aussi ses tableaux sont à la fois louange au Seigneur et à son Prophète Mohamed(Paix et Salut sur Lui) et prière. Sa source d’inspiration et le fondement de toute sa pensée religieuse et morale se résument en ces propos tirés de la sourate «Asr» : «Je jure par le temps que le gens sont en perditions, sauf ceux qui appliquent de bonnes œuvres et qui s’adjoignent mutuellement dans la vérité et dans l’endurance». Choisir cette sourate comme le thème de son exposition est sa façon de faire un sermon aux fidèles musulmans : «La générosité, l’entraide et la solidarité doivent régir nos actes de tous les jours», explique-t-il. L’artiste entend ainsi faire la liaison entre le spirituel et le temporel en lançant une invitation aux politiques et aux leaders religieux pour une réflexion sur le monde en crise.
Ses créations sont empreintes d’une philosophie existentialiste et morale car le miroir serait pour lui une invitation au retour à soi pour une élévation et une projection vers Dieu. «Le miroir est le reflet de la lumière en même temps le reflet de soi.
Pas une seule personne civilisée ne fait pas d’échange avec le miroir chaque matin», dit Mouhamadou Moustapha Seck. Ayant connu des événements douloureux, il a tourné le dos à la société et a vécu en retrait pendant de longues années dans les environs de Tivaouane. Solitaire, replié sur lui-même, il s‘est engouffré dans une profonde introspection, mais a appris à lire et à interpréter le Coran.
C’est alors qu’il a finalement trouvé son viatique dans la spiritualité et l’adoration de Dieu et s’est consacré à l’art Islamique.
Source: lesoleil