Il y aurait 1,5 million d’Algériens de nationalité ou d’origine, 1 million de Marocains, 400 000 Tunisiens, 340 000 Africains subsahariens (du Sénégal et du Mali principalement), 313 000 Turcs, 70 000 musulmans d’Asie, sans compter les convertis et les musulmans sans papiers.
Le Conseil est le résultat de trois ans de négociations.
Une consultation initiée par le ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, poursuivie par Daniel Vaillant et achevée par Nicolas Sarkozy. Le CFCM a pour mission de régler les questions suivantes : la construction de mosquées,- déterminer les carrés musulmans dans les cimetières, l’organisation des fêtes religieuses (abattage rituel...), nomination des aumôniers dans les hôpitaux, les prisons, les lycées et collèges, la formation des imams.
La crise au CFCM (Conseil français du culte musulman) s’aggrave. Les représentants de la Grande Mosquée de Paris et de celle de Lyon au bureau exécutif du CFCM ont décidé de «geler leur participation», «en raison de l’ingérence étrangère» au sein de cette instance cultuelle. Ils «constatent avec regret les dérives personnelles dans la gestion» du CFCM et «dénoncent l’accaparement de ce dernier au profit d’intérêts particuliers d’une composante majoritaire et hégémonique du CFCM».
Le gel de la participation des Mosquées de Paris et de Lyon est le résultat d’un contexte qui s’est progressivement et inexorablement détérioré. La raison directe ayant motivé le retrait des mosquée de Paris et de Lyon est le colloque organisé à Fès (Maroc) à l’invitation du Conseil des Marocains de l’étranger. Etait invité David Sénat, conseiller français chargé des religions auprès de la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie. La seconde raison directe est l’initiative avortée de l’Algérie. Un projet porté par la sous-préfète, Malika Benlarbi, qui devait procéder au lancement du Conseil musulman. Un conseil conçu sur le modèle du CRIF. Soutenue par Henri Guaino, cette initiative avait suscité dès son annonce la colère du Conseil français du culte musulman (CFCM). Son président, Mohamed Moussaoui, avait protesté auprès de l’Elysée, rappelant que le CFCM était une création du président Sarkozy en 2003. Les dirigeants du CFCM, originaires du Maroc, redoutent qu’Alger ne profite de l’initiative de Malika Benlarbi, elle-même d’origine algérienne, pour contester leur influence sur l’islam de France. Selon un fin observateur de la situation, les pouvoirs publics se sont opposés à cette initiative «algéro-laïque», considérée comme une représentation communautariste des musulmans de France.
En fait, les médias ont révélé que c’est David Sénat lui-même, présent au colloque de Fès, qui est allé rencontrer l’ambassadeur du Qatar, Mohamed Al Kuwari. Car certains investisseurs privés qataris étaient prêts à financer le futur Conseil. Lors du colloque de Fès, le même David Sénat renchérissait sur le sujet, affirmant que le projet de «Crif musulman», était une «tentation d’un glissement vers une représentation laïque et communautariste» des musulmans de France.
Source: latribune