Un Sommet restreint avait réuni le 11 mars courant en Arabie Saoudite les dirigeants égyptien, syrien, koweïtien et saoudien, et ce dans la foulée d'une première réunion du genre, tenue en marge du sommet économique arabe de Koweït en janvier dernier, ce qui dénote de l'existence d'indices prometteurs quant aux perspectives d'une réconciliation.
Jeudi dernier, le Secrétaire général de ligue arabe, M. Amr Moussa, a souligné l'importance que revêt ce sommet pour le règlement des différends inter-arabes qui se sont exacerbés lors de l'agression israélienne contre la bande de Gaza, appelant, à cet égard, "à ne pas gaspiller davantage de temps, car cela ne ferait qu'empirer les choses".
Pour les observateurs, la réussite du sommet sur le volet de la réconciliation devrait conforter la position arabe dans le contexte de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite en Israël, qui de l'avis même du président américain Barack Obama, va rendre encore plus ardue la tâche de parvenir à un règlement du conflit israélo-palestinien.
Une réconciliation interarabe aidera aussi à réaliser la réconciliation nationale entre Palestiniens afin qu'ils puissent former un gouvernement capable de faire face aux défis futurs et à la reconstruction de la bande de Gaza.
Les observateurs estiment que ce sommet s'attellera, dans ce sens, à faire aboutir le dialogue inter-palestinien, prévu début avril prochain au Caire, conformément à l'appel lancé par la Ligue arabe exhortant les capitales arabes concernées à intervenir pour faciliter le dialogue entre les différentes factions palestiniennes.
Le sommet devra constituer aussi une occasion propice aux chefs d'Etat arabes pour réitérer leur appui à l'initiative de paix arabe adoptée lors du sommet de Beyrouth de 2002, basée sur le principe "une paix globale contre un retrait total".
Amr Moussa a réaffirmé que cette initiative constitue "la position arabe commune pour la paix avec Israël", en soulignant toutefois qu'elle «ne restera pas longtemps sur la table en l'absence d'un changement clair de la politique israélienne».
Les pays arabes espèrent que leur initiative de paix soit soutenue par la nouvelle administration américaine, qui a lancé des signes "positifs" quant au traitement des questions du Proche Orient, et désigné un nouvel émissaire pour la région.
Parmi les autres dossiers qui retiendront l'attention de ce sommet, celui relatif à l'arrêt de la Cour Pénale Internationale concernant le président soudanais Omar El Bachir.
Une position arabe unifiée solidaire avec le chef de l'Etat soudanais devra être adoptée lors de ce sommet, selon Ahmed Ben Halli, Secrétaire général adjoint de la Ligue arabe.
Des sources près la Ligue arabe croient savoir que la décision, qui sera prise par le sommet, devra déplorer le fait que le Conseil de sécurité n'ait pas mis en œuvre l'article 16 de la charte de la CPI stipulant que le Conseil peut reporter pour une année les décisions de la Cour. Elles estiment que le sommet va également réaffirmer le principe de l'immunité des chefs d'Etat.
M. Amr Moussa avait indiqué que l'espoir d'un gel de la décision de la CPI reste toujours de mise, relevant toutefois que cela nécessite une action diplomatique et juridique arabe commune et une mobilisation à travers le sommet de Doha, en concertation avec le gouvernement soudanais et les Nations Unies.
La situation en Irak sera aussi à l'agenda. Le président irakien Jalal Talabani, qui présidera la délégation de son pays lors de ce sommet, devra appeler les dirigeants arabes à mettre en œuvre les décisions des précédents sommets arabes, en particulier celles relatives à la réouverture des ambassades arabes à Bagdad, l'annulation des dettes arabes à l'égard de son pays et la contribution des Arabes à la reconstruction de l'Irak.
M. Moussa devra exposer à cette occasion un rapport sur les résultats de sa visite à Bagdad à la mi-mars courant qui détaillera les étapes parcourues sur le chemin de la réconciliation nationale en Irak, la participation à la vie politique et le renforcement des investissements arabes dans ce pays.
Les derniers développements sur la scène somalienne s'inviteront également dans les débats du sommet de Doha, notamment après l'élection de Cheikh Chérif Ahmed à la présidence et les espoirs qu'elle a suscités pour un apaisement dans ce pays. Le sommet devra à cet effet appeler à se concentrer sur le volet du développement et la reprise du dialogue inter-somalien.
Outre le volet politique, le dossier économique sera fortement présent lors du sommet, notamment dans sa partie relative à la mise en œuvre des résolutions du Sommet économique de Koweït, le développement du commerce interarabe et le passage de l'union douanière au marché arabe commun.
L'élargissement des attributions du Fonds monétaire arabe, à travers la création d'une agence de promotion commerciale arabe ayant pour mission de faciliter les échanges inter-arabes, la libéralisation du transport aérien et la mise en place d'un réseau arabe d'investissement, sont inscrits comme des points essentiels dans l'agenda de ce rendez-vous.
Source: MAP