Répondant aux questions des journalistes en marge du Sommet, Ihsanoglu a fait observer que les résultats positifs du Sommet serviront sans aucun doute les intérêts de l'OCI puisque tous les pays arabes sont membres de l'Organisation.
Le Secrétaire général a noté que l'importance du Sommet de Doha émane du nombre de dossiers à l'ordre du jour, en particulier les développements politiques liés au mandat d'arrêt lancé par la Cour pénale internationale(CPI) contre le président soudanais Omar Hassan al-Bashir et la stabilisation de la situation sécuritaire en Irak, ainsi que l'évolution favorable de la situation en Somalie.
Ihsanoglu a attribué l'importance du Sommet à son timing, vu qu'il s'est tenu après l'élection d'un nouveau président américain et la relation de cet événement à toute une panoplie de questions liées à la région du Moyen-Orient. Les pays arabes sont appelés, pour leur part, à définir une position arabe vis-à-vis du nouveau gouvernement israélien et la position d'Israël sur le processus de paix dans la région.
Le Secrétaire général s'est félicité des efforts déployés par l'État du Qatar visant à resserrer les rangs des différentes parties arabes, tout en affirmant que, "L'OCI apprécie fortement les efforts déployés par Qatar ... Le fait est que tous les pays arabes sont des États membres de l'OCI". Il a parallèlement salué l'Accord de Doha qui a contribué à mettre un terme aux tensions entre les parties libanaises, exprimant l'espoir que les efforts du Qatar contribueront à réaliser la réconciliation entre le gouvernement soudanais et l'opposition dans la région du Darfour.
Faisant allusion au Soudan, Ihsanoglu a cité le communiqué émis en début de semaine par le Comité exécutif élargi au niveau des ambassadeurs, annonçant la décision du Comité de rejeter le mandat d'arrêt de la CPI à l'encontre du Président al-Bashir. Le communiqué avait qualifié la décision de la cour "d'infondée". Le Comité avait demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre l'exécution du mandat tout en appelant la CPI à révoquer sa décision. Le Secrétaire général s'est félicité de la dénonciation par le communiqué de la politique des "deux poids, deux mesures" de la cour en matière du traitement des questions relatives aux crimes de guerre.
Il convient de rappeler que le Secrétaire général a entrepris une visite à la mi-mars à Khartoum au cours de laquelle il a exprimé la solidarité de l'OCI avec le Président al-Bashir. Il a expliqué que l'OCI a récemment dépêché une délégation de haut niveau à Khartoum et dans la région du Darfour ayant pour mission d'établir les faits sur le terrain et d'étudier les dimensions politiques de la question, en particulier les questions de réconciliation et de développement économique. Il a également souligné que la position de l'OCI est fondée sur la conviction que "le Darfour a besoin de projets de développement, et pas seulement d'aide humanitaire, en vue de trouver une solution politique."
Ihsanoglu s'est par ailleurs réuni en marge du Sommet avec plusieurs responsables, notamment le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avec lequel il a discuté de la détérioration de la situation humanitaire en Palestine, en particulier dans la bande de Gaza à laquelle Ihsanoglu avait effectué auparavant une visite. Les deux Secrétaires généraux ont également échangé des vues sur la situation en Somalie. Ban Ki-moon a invité Ihsanoglu à participer à un sommet sur la Somalie, qui se tiendra à Bruxelles, le 22 avril 2009. Ils ont également débattu de la situation au Soudan et ont tous deux souligné la nécessité de trouver un équilibre entre la paix et la justice en ce qui concerne la situation au Soudan.
En outre, Ihsanoglu a tenu des entretiens bilatéraux avec M. Jean Ping, Président de la Commission de l'Union africaine(UA), sur les voies et moyens de renforcer la coopération entre l'UA et l'OCI et de coordonner les efforts visant à trouver des solutions aux problèmes soudanais et somalien ainsi que la question de la piraterie maritime au large des côtes somaliennes.
Le Secrétaire général a également rencontré Sheikh Abdullah bin Zayed al-Nahyan, ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis. Les deux parties ont passé en revue la situation dans la région, et ont souligné la nécessité de renforcer la coopération et la coordination entre l'OCI et les Émirats arabes unis. Ils ont également abordé les questions d'intérêt commun, notamment la contribution émiratie aux programmes d'aide humanitaire menés par les États membres de l'OCI en faveur des pays musulmans démunis.
Source: OCI