Mais Marafa Hamidou Yaya a fait faux bonds au Programme de développement social et économique de la communauté musulmane au Cameroun(Pdse). Selon des indiscrétions, le ministre n’aurait pas supporté qu’on programme la mort de la commission nationale du Hadj.
Encadreurs des pèlerins, leaders d’associations et Ong d’obédience musulmane ont activement pris part aux assises. En ouverture, le représentant du gouverneur du Centre a reconnu que l’organisation du pèlerinage à la Mecque n’a pas été "habillée de roses" ces derniers temps. Cette situation est certes liée à la "vacance de notre compagnie nationale de transport aérien", mais également à d’autres raisons qui, si l’on n’y prend garde, pourraient saper la solidarité, l’unité nationale et la foi des pèlerins musulmans, indique-t-on.
L’Association de défense des droits des pèlerins musulmans (Amd-Hadj) –en mal de légalisation- parle, dans un mémorandum adressé au chef de l’Etat, d’une "prise d’otage du Hadj" par l’administration. L’association décrie l’augmentation graduelle du coût du pèlerinage (en hausse de plus de 500.000 Fcfa en 2008), le retard et l’absence de vols à destination de l’Arabie saoudite, l’agrément sélectif des encadreurs, les tracasseries douanières, l’assistance médicale insuffisante, le choix suspect du transporteur, etc. Les participants au séminaire d’Etoudi proposent "la mise en place d’une ou plusieurs structures d’organisation et de gestion du Hadj pour pallier l’absence d’organisateur au sein de la commission musulmane".
En même temps, ils sollicitent de la Commission nationale du Hadj(Cnh) l’amélioration de la gouvernance dans la gestion du pèlerinage. Ce d’autant plus que cette commission créée le 7 janvier 2003 par décret du Premier ministre brasse au moins 5 milliards Fcfa chaque année. Pour la communauté musulmane, cette gouvernance passe par l’association des représentants de la société civile à tous les niveaux de négociation des contrats des prestations, l’instauration d’un contrat qui précisera clairement les responsabilités des différentes parties, la visibilité dans la tarification des différentes prestations du Hadj, la bonne sélection des partenaires financiers et des transporteurs aériens et la publication des rapports d’activités de la Cnh.
En outre, les mahométans sollicitent le cautionnement de l’Etat pour résorber les difficultés de préfinancement des prestations du Hadj, l’amélioration des conditions d’hébergement, l’élaboration d’un calendrier de préparation du Hadj et la facilitation d’obtention des titres de voyage. Le document final du séminaire sera soumis aux décideurs afin de sortir le pèlerinage musulman de l’organisation approximative attribuée à la Cnh. Satisfait de la conduite des travaux, le président fondateur de l’Association de défense des droits des pèlerins musulmans Younoussa Abdoullah a souhaité que l’ensemble de la communauté musulmane s’approprie les résolutions de ce séminaire.
Source: lemessager