Des musulmans en colère s'invitent en mairie

10:35 - April 25, 2009
Code de l'info: 1769168
Montpellier(IQNA)- 450 musulmans selon la police, un millier selon les organisateurs, se sont rendus devant les portes de la mairie pour faire part de leur mécontentement.
En ligne de mire de la contestation, la mainmise de la municipalité sur le lieu de culte de La Paillade, théâtre régulier de tensions et de contestations dans la communauté. «Nous souhaitons stopper cette ingérence de la mairie dans la gestion de nos lieux de culte. Chrétiens et juifs ont la jouissance de leurs églises et de leurs synagogues. Nous voulons être comme tout le monde», a clamé l'imam Mohamed Khattabi.
En effet, contrairement à d'autres villes de France, très proches parfois comme Béziers ou Nîmes, la mosquée de La Paillade appartient à la Ville. C'est donc par un simple bail qu'elle investit une association de la gestion des lieux. D'où cette accusation d'ingérence qui, d'ailleurs, sème le trouble dans la communauté musulmane. «La loi de 1905, ça vous dit quelque chose? Nous voulons aller dans le sens de la laïcité en devenant propriétaires de nos lieux de culte. Nous n'avons pas besoin de l'argent du contribuable», a lancé Fargi Allal, un des leaders de la contestation. «Maintenir des lieux de prières dans des salles polyvalentes, c'est rester dans cet islam des caves, quand les gens priaient dans leurs garages. Nous voulons, soit racheter par nos propres moyens le site de La Paillade, soit acquérir un terrain et que la mairie nous délivre un permis de construire. Pour une mosquée indépendante», revendique Saïd, étudiant à Montpellier.
Assis devant les portes (fermées) de l'hôtel de ville, les fidèles ont attendu qu'Hélène Mandroux les rencontre. Une délégation de cinq personnes a été finalement reçue. «Nous lui avons donné en main propre notre lettre élaborée en commun. Elle a assuré que nous aurions une réponse par courrier d'ici une ou deux semaines», a relaté Fargi Allal. L'imam Khattabi semblait, lui, très optimiste: «La mairie s'est rendu compte que nous étions nombreux. Désormais, il faut nous préparer en cas de réponse positive à nos revendications.» Pour plusieurs fidèles habitués de ces soubresauts, la manifestation pourrait constituer la première étape vers une émancipation totale des musulmans de la tutelle municipale. Et rompre ainsi avec une spécificité très montpelliéraine.
Source: midilibre
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