La mosquée de Saint-Petersbourg, une mosquée pour un demi-million de Musulmans

9:17 - April 29, 2009
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Russie(IQNA)- Avec aujourd'hui vingt millions de fidèles, l'islam constitue la deuxième religion de Russie et la grande Mosquée réunit, lors des fêtes musulmanes, des centaines de fidèles, essentiellement des Tatars venant des quatre coins de la ville.
L'édifice, flanqué de deux fins minarets, fut dessiné, avec la participation d'artistes venus d'Asie centrale, par Nicolas Vasiliev sur les plans du Mausolée Gur Emir(XVème siècle) de Samarkand, et les travaux supervisés par l'académicien Alexandre von Gogen. La première pièrre fut posée en 1910 pour commémorer le 25ème anniversaire du règne de Alim Khan, principal donateur et Émir de Boukhara, à l'époque protectorat de la Russie impériale.
Avec ses minarets de 48 mètres de haut, et son dôme haut de 39 mètres, elle était alors la plus grande mosquée d'Europe. Elle fut restaurée en 1980.
Les murs sont constitués de granite gris, le dôme ainsi que les minarets sont recouverts de mosaïque en céramique de couleur bleu ciel. Des ouvriers qualifiés d'Asie Centrale prirent part à cette construction. Les colonnes intérieures sont faites de marbre vert. À l'intérieur se trouve un grand nombre de tapis tissés par des artisans d'Asie Centrale. Les inscriptions en majolique sur la façade sont des extraits du Coran, tracés en calligraphie persane.
La mosquée fut fermée aux croyants en 1940 et servit d'entrepôt durant la Seconde Guerre mondiale. Elle fut restituée à la communauté musulmane en 1956.
Assez impressionnante quand on la regarde de loin, la mosquée de Saint-Petersbourg se dresse dans le centre de la ville, dans la rue des Tatars. A leur façon, les musulmans de l’ancienne capitale de la Russie vont participer aux célébrations du tricentenaire de la fondation de la grande ville du nord de la Russie fondée par le tsar Pierre le Grand. "Pendant les cérémonies du tricentenaire, nous allons célébrer le troisième centenaire de l’installation des Tatars à Saint-Petersbourg", déclare Ponchaev Djafar Nasibullovich, l’imam de la mosquée et mufti de Saint-Petersbourg.
"Nos ancêtres étaient des bâtisseurs, ils vivaient dans des yourtes (tentes) dans ce quartier, qui a ensuite pris le nom de "quartier tatar", et ils ont participé à la construction du Palais d’Hiver et des premiers bâtiments de la ville". Il y a aujourd’hui environ 500.000 musulmans à Saint-Petersbourg. Les Tatars forment le groupe le plus important (environ 150.000) mais il y a une dizaine d’autres nationalités, en majorité des musulmans originaires d’Asie Centrale et du Caucase.
La construction de la mosquée a commencé au début du siècle dernier: en 1908 le Tsar a donné l’autorisation à un comité d’environ 200 personnes de réunir l’argent nécessaire pour sa construction. Cette collecte a réuni 750.000 roubles, somme importante pour l’époque, et la première pierre a été posée en 1910. Un concours avait permis de choisir parmi 48 candidats N.V. Vassiliev, un architecte russe qui s’était fortement inspiré des mosquées de Samarcande. En 1913, alors que la mosquée était loin d’être terminée, les musulmans de Saint-Petersbourg ont prié dans le sanctuaire en construction pour célébrer le 300eme anniversaire de la dynastie des Romanov. C’est seulement en 1920, trois ans après la révolution, que la mosquée a été terminée.
En 1939, en pleine période de répression antireligieuse, la mosquée est fermée et transformée en dépot. Elle est rendue au culte en 1956, trois ans après la mort de Staline, mais elle est alors en très mauvais état, et n’est que très superficiellement restaurée. En 1980 une partie de la coupole de 1000 m2 s’effondre. A sa stupéfaction l’imam de la mosquée reçoit la visite d’un adjoint au maire de St Petersbourg, un communiste, qui lui promet le soutien de la municipalité pour la restauration de la mosquée. Depuis l’imam Nasibullovich a rencontré à plusieurs reprises le président Poutine qui lui a promis de l’aider à terminer la restauration de la mosquée.
Ce n’est pas difficile d’être musulman aujourd’hui en Russie, que c’était beaucoup plus dur pendant la période soviétique: Pendant la période soviétique il n’y avait pas de mosquée, pas de madrassa, nos ancêtres se sont battus, mais la religion ne nous a pas quittés, c’était difficile.
Pendant le ramadan, les fidèles donnent de l’argent pour financer le fonctionnement de la mosquée. Mais la zakat proprement dire, seuls les "nouveaux Tatars" , les Tatars qui gagnent de l’argent dans le commerce, ou qui travaillent dans le gaz et le pétrole, peuvent payer.
Source: albert-videt
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