S’exprimant vendredi soir à l’ouverture d’un dîner-débat organisé sur la question par le mensuel qu’il dirige, Ckeikh Oumar Tall a invité notamment les voyagistes privés, à sceller avec sa publication un partenariat à pérenniser dans ce sens.
"Dans cette collaboration, nous pourrions faire de cette rencontre un dîner de gala sponsorisé par des compagnies aériennes qui transportent les pèlerins, afin de financer des activités sociales telles que l’appui aux daaras (écoles coraniques), l’ouverture d’un centre de formation et d’information pour les candidats au pèlerinage et la création d’une caisse de fonds de solidarité pour venir en aide à des pèlerins en mauvaise passe", a-t-il dit.
Des représentants de la présidence de la République, de la Primature, des ministères des Affaires étrangères, des Transports aériens, des Forces armées, du Tourisme et de la Santé, des voyagistes privés, des médecins et des religieux étaient présents à ce dîner débat-débat. La rencontre avait pour thème : "Quelle approche pour relever les défis de l’organisation du pèlerinage à La Mecque ?".
Cette rencontre, dont les débats ont été modérés par Ndiogou Bâ, chef du bureau du pèlerinage au ministère des Affaires étrangères, est organisée au lendemain d’un pèlerinage marqué par de nombreux couacs dans l’organisation du voyage aux lieux saints de l’islam.
Fin décembre, le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, avait appelé à la tenue d’une concertation nationale sur la manière d’organiser le pèlerinage à la Mecque en vue de trouver une solution définitive aux récurrents problèmes que rencontrent les Sénégalais.
"Il faut oser regarder la situation en face. Les pèlerins vivent une situation dramatique. Dès que le commissaire au pèlerinage (Thierno Diakhaté) aura déposé son rapport, il faudra convoquer une réunion, un séminaire avec tous les secteurs concernés par le pèlerinage pour trouver une solution définitive à ce problème", préconisait-il au cours d’une session ordinaire du Sénat.
A la fin du pèlerinage, fin 2008, des pèlerins qui devaient quitter l’Arabie Saoudite pour Dakar, étaient toujours bloqués à Djedda où ils étaient logés dans un hôtel en attendant leur embarquement. Les défaillances de l’agence de voyage Zam-Zam ont joué plus d’un tour aux officiels et aux fidèles sénégalais.
"Il faut qu’on fasse le bilan au retour de la Commission pour voir comment nous pouvons faire pour éviter la répétition d’une telle situation à l’avenir. Il faudra surtout éviter les solutions conjoncturelles", avait promis M. Gadio, devant les sénateurs.
Intervenant peu avant l’introduction du thème du dîner-débat initié par son mensuel, Cheikh Oumar Tall a appelé à son tour l’Etat à ‘’ouvrir une large concertation sur les problèmes du pèlerinage tels que les bus en mauvais état qu’on affecte souvent au commissariat pour le trajet Mouna-Arafat, le nombre insuffisant de tentes qu’on alloue aux Sénégalais à Mouna".
"Tout cela pouvait être réglé lors des négociations avec fermeté entre le commissariat et les logeurs mecquois’’, a-t-il dit, non sans dénoncer ‘’l’incompétence et l’arrogance de certains missionnaires", de même que "l’incorrection, l’indiscipline et même l’insolence de certains pèlerins".
En dépit de ses efforts, l’Etat qui dégage chaque année environ un milliard de francs CFA pour le budget du pèlerinage "devrait revoir à la baisse le coût du pèlerinage pour permettre à plus de Sénégalais d’aller à La Mecque", selon Cheikh Oumar Tall.
Il a dit qu’un autre "combat" du mensuel qu’il dirige consiste à "jouer dans le monde des médias sénégalais le même rôle que le joue actuellement la Banque islamique du Sénégal (BIS) dans le secteur bancaire sénégalais".
Il s’agit, a-t-il précisé, d’apporter "la touche islamique dans le monde des finances, défi que la Banque islamique, partenaire officiel du pèlerinage, a déjà relevé et que tente actuellement de faire notre journal dans le secteur de la presse laïque sénégalaise".
Source: APS