La 36ème session du conseil des ministres des Affaires Etrangères de l'OCI adopte la Déclaration de Damas

12:16 - May 27, 2009
Code de l'info: 1783750
Damas(IQNA)- Le conseil des ministres des Affaires Etrangères des pays membres de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) a adopté hier la Déclaration de Damas.
Voici le texte de la Déclaration :
"Nous, ministres des Affaires Etrangères et chefs de délégations des Etats membres de l'OCI, participant à la 36ème session du Conseil des ministres des Affaires Etrangères, réunie à Damas sous le thème "Pour le renforcement de la solidarité islamique", à un moment où les Etats islamiques sont confrontés à de grands défis politiques et culturels qui leur commandent de rechercher les voies et moyens de coordonner leurs efforts pour y faire face et marquer leur présence agissante sur la scène internationale afin de préserver leurs intérêts et leur identité, proclamons ce qui suit:
Nous réaffirmons, à l'occasion du 40ème anniversaire de l'OCI, dont la création avait été la conséquence directe de l'incendie d la Mosquée al-Aqsa, l'importance pour l'Organisation d'assumer un rôle agissant dans la protection des intérêts et des droits des pays et des peuples musulmans.
Nous réitérons notre ferme engagement à œuvrer à la réalisation des objectifs de l'OCI dans le respect de ses principes et nous lui renouvelons notre soutien afin de lui permettre de mieux faire face aux défis qui se posent à la "Oummah" (la Nation) au XXIème siècle.
Nous sommes persuadés que la coopération et la coordination étroites entre les pays islamiques constituent des données fondamentales pour le bien être de nos peuple.
Ces dernières années ont été marquées des développements politiques et économiques aussi nombreux qu'importants qui ont ébranlé la stabilité de la planète. Les Etats islamiques ont subi de plein fouet les conséquences de ces bouleversements, soit en tant que partie prenante, soit en tant que cible, d'autant que ces développements ont été accompagnés par une offensive haineuse contre l'Islam visant à en ternir l'image en tant que référentiel civilisationnel et dogmatique de nos peuples, et contre les Musulmans en général dans le but de leur nuire.
La thèse du choc des civilisations, qui a consisté à vouloir à tout prix accoler l'étiquette du terrorisme à l'Islam et aux Musulmans, a été adoptée sans discussion pour l'élaboration des politiques, et a eu des répercussions profondes sur les Musulmans et a contribué à leur démoralisation.
Pour autant, il ne s'agit pas de faire endosser aux autres seuls la responsabilité et l'état où se trouvent les Musulmans.
La plus grande part de responsabilité nous incombe et nous devons adopter envers nous-mêmes une attitude sincère et franche afin de savoir quelle attitude adopter et pour quelle méthodologie opter pour nous donner de meilleures perspectives d'avenir.
Notre foi nous commande l'unité et non pas la division. Elle nous invite à éviter le repli sur soi et à être toujours prêts à l'ouverture positive. Le succès dépend de notre aptitude à changer le vécu et à réunir les conditions de force et de la puissance. En effet, nous vivons, aujourd'hui, dans un monde de "puissants" où il n'y a pas de place pour les faibles.
Etant donné que la puissance s'acquiert et ne s'offre pas, nous ne pouvons l'obtenir qu'en renforçant nos relations et en faisant tomber les barrières dressées dans ce domaine, en maîtrisant les sciences et les connaissances, en coopérant sur le plan politique et en apportant notre soutien mutuel aux causes nationales. S'armer de la volonté requise et faire preuve de détermination sont la condition sine qua non pour changer la réalité et améliorer la situation. Cette volonté doit s'accompagner d'une ferme détermination à régler nous-mêmes nos problèmes, ainsi que de l'aptitude à concevoir des approches et à mettre au point les stratégies adéquates pour trouver une issue aux problèmes complexes dans lesquels nous nous débattons.
Notre organisation qui a été créée essentiellement dans le but de défendre la cause d'al-Qods Asharif, fait face aujourd'hui à une situation éminemment dangereuse qui menace l'identité spirituelle et historique profondément multiculturelle de la ville sainte. Ceci sans parler de l'érection du mur de ségrégation en Cisjordanie, ni du bouclage inhumain imposé à Gaza, ou de l'intensification des activités d'implantation de colonies et de confiscation des terres. Tout cela nous fait un devoir à tous de ne pas récompenser Israël pour ses crimes, mais au contraire d'insister pour lie toute évolution des relations si tant est qu'elles existent, au degré d'engagement en faveur d'une paix juste et globale exprimée à travers des prises de positions concrètes de la part d'Israël, garantissant le recouvrement des doits nationaux légitimes et le retrait des territoires occupés en Palestine, au Golan et au Sud-Liban.
Nous avons tous coopéré pour faire front contre le terrorisme en tant que phénomène mondial gravissime. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous devrions permettre que ce phénomène soit indûment exploité pour brouiller les cartes, taxer la résistance légitime de terrorisme, exagérer les choses outre mesure et semer l'effroi au nom de la "sécurité face au terrorisme". Car le terrorisme n'est pas une problématique sécuritaire mais un phénomène idéologique ayant des dimensions à la fois politiques et sécuritaires, voire culturelles. La guerre contre le terrorisme ne se résume pas à lutter contre un épiphénomène mais doit s'attaquer au contenu et aux causes sous-jacentes du mal.
L'itinéraire franchi par l'OCI en 40 ans d'existence, autant que le cap difficile que le monde est en train de traverser, confirment l'importance de la solidarité entre nos Etats pour faire face aux développements politiques et économiques actuels et attestent de la vitalité de notre organisation et de sa conscience des défis à relever par nos pays conformément aux dispositions du programme d'Action Décennal.
Nous tenons à cet égard à exprimer notre gratitude au Secrétaire Général le Professeur Ekmeleddin Ihsanoglu pour les efforts acharnés qu'il déploie en vue de développer le rôle et le prestige de l'OCI au plan international. Nous tenons également à exprimer notre très haute considération à son excellence le Président Bachar al-Assad, Président de la République arabe syrienne, ainsi qu'au peuple et au gouvernement syriens pour les efforts qu'ils ont déployés afin de garantir le succès de la 36ème session du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères."
Source: sana
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