John Wesley, fondateur du mouvement méthodiste, déclare que l’utilisation de l’argent à des fins éthiques est le deuxième point le plus important du Nouveau Testament: sa doctrine a fortement influencé les Etats-Unis, foyer de développement de l’Investissement Socialement Responsable(ISR).
En France, les premières initiatives relatives à l’investissement éthique voient le jour dans les années 80 sous l’impulsion de sœur Nicole Reille.
En charge de l’administration du budget de la congrégation Notre-Dame, cette religieuse avait été à l’initiative du lancement d’un fonds commun de placement qui avait pour principal objectif de gérer de façon éthique, l’épargne des religieuses d’une quarantaine de congrégations.
A fin 2007, l’Association Française de la Gestion financière(AFG) recensait 175 fonds ISR pour un encours total de près de 22,1 milliards €.
Au départ, les motivations des investisseurs éthiques étaient avant tout des motivations religieuses. Au niveau français, le cas des sœurs de la congrégation de Notre-Dame en est un exemple frappant.
Les critères d’investissement selon l’éthique musulmane sont très proches de ceux retenus par les acteurs de l’ISR.
Les principales spécificités du référentiel islamique, tiennent essentiellement à la présence de deux grandes typologies de critères qui, dans leur déclinaison, constituent des fondamentaux majeurs du modèle financier islamique.
Les critères d’exclusion «stricts» qui englobent principalement: l’interdiction de secteurs: l’alcool, le porc, les jeux, l’intérêt «Ribâ», l’ensemble des transactions qui prendront en compte dans leur construction ou pour lesquelles la rémunération intègrera des paramètres faisant appel à de l’intérêt, seront purement et simplement bannies, l’interdiction formelle des contrats ou autres échanges comportant du «gharar»(un aléa démesuré), du «mayssir»(spéculation, pari, etc.), le nécessaire respect de filtres financiers(Cf. les fonds de placement Shari’a compliant).
Les critères de promotion qui constituent l’une des principales innovations de la finance islamique: on y retrouvera la nécessité d’un adossement des investissements à des actifs tangibles, le nécessaire partage des pertes et profits entre toutes les parties au contrat, l’obligation de zakat(impôt rituel), la purification des revenus, etc.
Dans cet environnement, l’investissement selon le label islamique pourrait trouver une place prépondérante, fort d’un corpus de principes qui semblent faire jurisprudence en ces périodes de remise en cause du système financier dans sa globalité.
L’évolution de la demande en terme d’implication sociale et environnementale des acteurs de la finance, devra constituer un axe de progrès pour les structureurs de fonds Shari’a compliant.
Certains outils tel que les fonds relevant de la catégorie des « Ouqoud al-tabarou’at », (Qard al hassane, Waqf, etc), sauront être d’excellents véhicules pour faire face à cette demande et répondre aux attentes des consommateurs ISR.
Enfin, il faudra que les acteurs financiers islamiques(Shari’a Boards, sociétés de gestion, structureurs, etc.) réfléchissent à l’intégration, dans leur corpus de règles, de certains critères ISR (pollution, gouvernance d’entreprise, etc.).
L’enjeu lié à la prise en compte de ces nouveaux critères, permettra à la finance islamique de démontrer sa capacité à s’adapter mais surtout, de prouver la bonne foi de sa dimension profondément éthique.
Source: aidimm