La Turquie voit son éventuelle entrée dans l'UE comme un signal pour les musulmans

15:58 - June 26, 2009
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Turquie(IQNA)- Le ministre turc chargé des Affaires européennes, Egemen Bagis, a exhorté jeudi les Européens à ne pas s'opposer à l'entrée de son pays dans l'UE, en soulignant qu'une adhésion enverrait un message d'ouverture capital à l'ensemble du monde musulman.
"Quelle sorte de message voulons-nous envoyer au milliard et demi de musulmans dans le monde qui ont le sentiment d'être mis de côté par l'Occident?", a-t-il demandé lors d'une conférence à Bruxelles, à la veille de la venue dans la capitale de l'UE de son Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
"L'accession de la Turquie ne va pas seulement envoyer un signal aux Turcs, mais aussi au monde musulman", a-t-il ajouté, reprenant un argument également avancé par l'administration américaine pour militer en faveur de l'adhésion de la Turquie.
M. Bagis s'en est pris à ce sujet aux critiques formulées dans plusieurs pays européens, comme la France, l'Allemagne ou l'Autriche, contre l'adhésion de son pays à l'Union européenne à l'occasion de la récente campagne pour les élections au Parlement européen.
De nombreux candidats "à l'esprit étroit" ont "exploité cette question pour des intérêts politiques nationaux" et ont de ce fait "insulté non seulement la Turquie, mais aussi leurs propres électeurs", puisque plus de 6 millions de Turcs vivent et pour certains votent dans des pays de l'Union européenne, a-t-il dit.
La Turquie a entamé en octobre 2005 des négociations en vue de son adhésion à l'UE. Depuis cette date, Ankara n'a ouvert au total que 10 "chapitres" thématiques sur les 35 qui jalonnent ses laborieuses négociations d'adhésion. Les pays de l'UE doivent en principe accepter d'en ouvrir un onzième, sur la fiscalité, mardi à Bruxelles.
Les discussions sont rendues difficiles par la non-reconnaissance par Ankara de la République de Chypre, membre de l'UE, par la lenteur des réformes démocratiques en Turquie et par l'hostilité de plusieurs pays européens à l'idée même d'une entrée du pays dans l'UE.
M. Bagis a réaffirmé à Bruxelles que son pays n'accepterait "rien d'autre que l'adhésion pleine et entière à l'UE", en réponse au partenariat privilégié que lui offrent comme solution de rechange le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, opposés à l'entrée de la Turquie.
Par ailleurs, lors d'une rencontre séparée avec quelques journalistes, le ministre turc, membre du parti AKP au pouvoir issu de la mouvance islamiste, a réagi à la polémique en France sur la burqa, le voile intégral, en demandant qu'on respecte le droit des femmes à porter ce qu'elles veulent.
Source: AFP
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