Sur le parvis bétonné de l’université de Damas, de blondes Américaines, jeans moulants et lunettes de soleil rétros, profitent du soleil aux côtés d’étudiantes syriennes coiffées d’un foulard blanc.
Américains, Tchèques, Japonais, Biélorusses, Allemands, Coréens, Britanniques, Malais : tous ces jeunes venus apprendre l’arabe donnent à Damas un air si cosmopolite qu’on en oublierait presque la réputation d’isolement qui colle à la Syrie.
Aujourd’hui, un dialecte largement intelligible et la restauration de la vieille ville – d’aucuns la surnomment déjà la Prague du Moyen-Orient – font de Damas l’endroit à la mode pour apprendre l’arabe.
«Quand j’ai dit à mes proches que j’allais étudier en Syrie, ils étaient très inquiets », témoigne Leah Wawro, une New-Yorkaise de 20 ans qui apprend l’arabe à Damas dans le cadre de son diplôme en relations internationales à l’université de St-Andrews, en Écosse. « Nous avions le choix entre Le Caire et Damas – et ma mère voulait absolument que j’aille au Caire –, déclare Caroline Guenther, une Bostonienne de 21 ans, qui suit les mêmes cours, mais nous avons finalement opté pour Damas. »
Non loin du souk, très animé, et de la fabuleuse mosquée des Omeyyades, des bars branchés et des cafés équipés de wifi ont fait leur apparition dans la vieille ville, créant un mélange attrayant de tradition et de modernité. « Autrefois, c’était au Caire, à Beyrouth et à Tunis qu’on apprenait l’arabe », explique Ahmad Haji Safar, directeur de l’Institut d’études d’arabe à Damas, où 450 étudiants originaires de 60 pays suivent des cours chaque année.
Selon lui, la demande est si forte qu’il doit refuser près de 700 étudiants par an. Si l’arabe classique la langue des journaux et du gouvernement est compris dans tout le Moyen-Orient, les dialectes diffèrent tellement selon le pays qu’un Algérien et un Libanais peuvent trouver avantage à converser en français. Le syrien parlé est le plus proche de l’arabe classique, ce qui en fait un dialecte intéressant pour les étudiants.
Les frais de scolarité ne sont que de 300 dollars le trimestre et le coût de la vie est si bas que les étudiants peuvent s’en sortir avec 400 dollars par mois. Certains d’entre eux sont musulmans, mais, à mesure que la Syrie s’ouvre aux investissements étrangers, d’autres apprennent l’arabe afin de pouvoir travailler pour des compagnies étrangères implantées en Syrie ou pour les besoins de leurs travaux de chercheurs. « J’étudie l’histoire islamique au Japon, donc un grand nombre des ouvrages que je dois lire sont en arabe », explique Megumi Okamoto, 27 ans, diplômé de l’université de Kobé et arrivé à Damas il y a un mois.
Source: jeuneafrique