Ce commentaire et celui du «Payam-e-Qoran» au moment des plus grandes attaques culturelles et idéologiques, sont des critères pour les étudiants des universités et des centres d’enseignement islamique.
L’Ayatollah Makarem Chirazi fait partie des grands religieux chiites qui ont rendu de grands services au saint Coran et à l’islam, en faisant sortir le saint Coran des étagères poussiéreuses.
La biographie de cette grande personnalité chiite présente des points importants qui peuvent servir d’exemple pour la jeune génération, et les étudiants des universités et des centres d’enseignement islamique.
Né en 1924 à Chiraz, dans une famille religieuse et réputée, il termine des études brillantes au collège de Chiraz. Au lieu, comme tous les jeunes de son âge, d’entrer au lycée pour s’assurer un avenir brillant, Makarem âgé alors de 14 ans, décide d’entreprendre des études au centre d’enseignement islamique qui avait retrouvé une nouvelle vitalité. Il s’inscrit au centre islamique de «Agha Babakhan Chiraz», et acquiert en peu de temps, les bases nécessaires dans le domaine de la grammaire arabe, de la logique et de la rhétorique, avant de se consacrer à des études de jurisprudence et de principes idéologiques.
Il termine les études préparatoires et générales en quatre ans, ce qui est un temps très court pour ces dures études, et commence à enseigner au centre islamique, aux jeunes étudiants. Les idées nouvelles de ce jeune étudiant qui se distingue dans les réunions, par son intelligence et sa précision, annoncent un avenir brillant. C’est à l’âge de 18 ans seulement, qu’il rédige un commentaire du "Kefayatoul Ossoul"(كفاية الأصول) qui explique de nombreux points encore obscure à l’époque, de ce livre.
A l’âge de 18 ans, Makarem entre au centre d’enseignement islamique de Qom, et suit pendant près de cinq ans, les cours des grands religieux de cette époque comme l’Ayatollah Bourjerdi. Il se rend ensuite à Najaf, en Irak en 1948, pour suivre les cours de l’Ayatollah Hakim, de l’Ayatollah Khou’i et de l’Ayatollah Abdol Hadi Chirazi.
Il reçoit alors de deux hautes personnalités religieuses du centre islamique de Najaf, l’autorisation de pratiquer l’Ijtihad.
L’Ayatollah Hakim rédige à cette époque un court compliment sur ses qualités dans le cours de jurisprudence dans le domaine de la pureté rituelle. Makarem continue pendant quelques temps à suivre les cours à Najaf, mais a cause de problèmes financiers, il est obligé de revenir en Iran, en 1950, et s’installe à Qom pour poursuivre ses occupations et ses travaux.
Il commence un enseignement pour les étudiants des dernières années, puis des cours de jurisprudence supérieure. Depuis vingt huit ans, l’Ayatollah Makarem Chirazi enseigne ces matières et a jusqu’ici, publié de nombreux livres dans ce domaine, à partir de ses cours qui rassemblent actuellement plus de 2000 étudiants. L’Ayatollah Makarem a aussi rédigé de nombreux livres sur des sujets de principes islamiques, la question de la Wilayat, des commentaires et des livres de jurisprudence.
L’Ayatollah Makarem Chirazi participait de près aux activités révolutionnaires, c’est pour cette raison qu’il a été incarcéré plusieurs fois, dans les prisons du régime du Shah, et a été exilé à Tcharbahar, à Mahabad et à Anark. Il a participé à l’élaboration de la Constitution, au premier Conseil des experts, après la Révolution.
Le Centre de publication des travaux des centres d’enseignement islamique ressentit le besoin d’une revue spéciale, capable de répondre aux doutes et aux questions soulevées dans de nombreux journaux. Ce sentiment était partagé par les grands religieux de Qom qui souhaitaient la parution d’une revue capable de proposer des réponses aux jeunes et de lutter contre la propagande anti islamique.
Cependant la rédaction d’une telle revue exigeait un travail de spécialistes. L’Ayatollah Makarem Chirazi et un groupe de chercheurs décidèrent de publier la revue mensuelle «Maktab-e-islam», avec le concours des centres d’enseignement islamique et l’aide financières d’organisations caritatives. Cette revue fut une première dans le monde chiite, et réussit à sortir à grand tirage et à être présentée dans le monde entier.
Cette revue ouvrit une nouvelle voie aux jeunes professeurs des centres islamiques et depuis plus de 39 ans, a obtenu de grands résultats dans le monde de l’islam et les milieux chiites.
Le point culminant de l’évolution idéologique des centres d’enseignement islamique se situe entre les années 1955 et 57, avec la vague de propagande marxiste qui menaçait la jeunesse. C’est alors que les professeurs de philosophie ressentirent qu’ils étaient chargés d’une grande responsabilité et organisèrent des réunions pour mettre les jeunes au courant des différentes méthodes de lutte contre les idéologies matérialistes en vogue à cette époque.
L’Ayatollah Makarem Chirazi et d’autres professeurs organisèrent des réunions d’explication et de critique de ces nouveaux mouvements idéologiques. Après une étude approfondie des thèses matérialistes et marxistes, l’Ayatollah Makarem entreprit la publication d’un livre intitulé «Les faux philosophes», une critique du marxisme qui reçut un accueil chaleureux dans les milieux universitaires et intellectuels, et qui fut publiée plus de trente fois.
Bien que trente ans se soient écoulée depuis sa première publication, ce livre a gardé toute son actualité dans les milieux intellectuels, et avec l’attaque du pays voisin et musulman d’Afghanistan, et l’occupation de ce pays par les forces communistes, nous avons eu beaucoup d’informations sur la grande influence de ce livre dans le décryptage des complots des ennemis et l’information de la population.
L’Ayatollah Makarem Chirazi a poursuivi ses activités dans l’étude des différentes idéologies philosophiques et de la pensée des différentes écoles, islamiques ou non, et a publié de nombreux livres sur ces sujets.
L’Ayatollah Makarem Chirazi, se rendit compte que les livres sur les croyances islamiques ne parvenaient pas à répondre à toutes les questions, car ils avaient été rédigés à une époque où le matérialisme n’était pas critiqué comme aujourd’hui, et à une époque où les grandes puissances n’avaient pas encore lancé leur programme d’ingérences dans la région. De plus ces livres présentaient les discussions et disputes philosophiques entre les Ash’ari et les Mo’tazeli qui sont des vieilles querelles du passé.
C’est pourquoi il entreprit des cours sur les cinq principes islamiques de base, auxquels participaient des centaines d’étudiants, et qui servirent à l’élaboration de livres qui furent publiés par la suite.
Makarem organisa des cours sur les huit religions du monde, et des réunions entre les spécialistes musulmans et les adeptes des autres religions, pour éclaircir les points obscurs de ces doctrines. Ces réunions ont permis la formation de spécialistes qui constituent aujourd’hui le noyau des jeunes milieux intellectuels des centres islamiques. Il constitua le centre de «sauvetage de la jeunesse», qui publie une revue pour les jeunes.
En voyage à Chiraz, l’Ayatollah Makarem Chirazi constata les progrès des écoles soufies dans la région, et sur une recommandation de ses habitants, rédigea un livre sur le soufisme. Il rassembla les documents nécessaires à l’élaboration de ce travail et rédigea le livre "Représentation de la réalité"(جلوه حق), publié en 1951, qui est une critique dans le style toujours très poli de Makarem, des sectes soufies et de leurs pratiques.
Ce livre attira l’attention de l’Ayatollah Bourjerdi qui demanda à rencontrer l’auteur, et lui dit: «J’ai profité de mes temps libres pour lire votre livre, je n’ai aucune critique ou remarque à faire, grâce à Dieu !»
L’Ayatollah Makarem Chirazi souhaitait créer des centres de recherche et des écoles au nombre des Imams infaillibles. Jusqu’à présent, il a réussi à créer quatre grandes écoles au centre d’enseignement islamique de Qom, et deux centres religieux et de loisirs, pour les étudiants des centres islamiques de Meched.
L’Ayatollah Makarem Chirazi a écrit jusqu’à présent 130 livres dont certains ont été publiés trente fois et traduits dans dix langues vivantes pour être distribués à l’étranger.
Son «Resaleh» sur les règles pratiques de la religion, a aussi été publié plusieurs fois, et a été traduit en arabe, en Ourdou, en turc et en anglais.
441643