Cette perception très sélective de la pratique religieuse qu’illustre le mois de ramadhan explique pour une grande pour conformer, quitte à verser dans l’excès.
Le chamboulement, particulièrement des habitudes alimentaires, n’est pas le moindre de ces comportements outranciers qu’adapte l’Algérien systématiquement durant cette échéance annuelle.
L’abus, qui caractérise le régime alimentaire en ce mois de jeûne, n’en finit pas de susciter recommandations et mises en garde des médecins, conseils et exhortations à plus de modération de la part des hommes de culte. Vainement, il faut le reconnaître, ces habitudes demeurent incorrigibles.
Immanquablement, chaque mois de ramadhan, et tous les soirs après la rupture du jeûne, les services des urgences sont investis par de nombreux patients adeptes de «surboffe» ressentant des malaises, juste après le repas du f’tour.
"Manger peu et bien", tout le principe du ramadhan en matière alimentaire tient en fait dans ce conseil, sans le respect duquel le jeûne perdrait beaucoup de son sens, selon l’avis unanime des hommes de religion et des médecins.
A ce sujet, les spécialistes recommandent de très simples réflexes, mais qui peuvent s’avérer d’un apport inestimable pour la santé et pour une bonne hygiène alimentaire. Il s’agit tout bonnement de faire preuve de comportements raisonnables en matière de consommation. Autrement dit veiller à répartir son alimentation en petites quantités et simultanément à privilégier une consommation équilibrée des produits, selon leurs valeurs nutritives.
Le jeûne entraîne une inversion des cycles insuline-glucagons. Durant le reste de l'année, l'hormone digestive la plus sécrétée est l'insuline qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules pour y être consommé et transformé en énergie. Elle permet également la mise en réserve du surplus d'énergie fournie par l'alimentation. L'insuline en faisant entrer le glucose dans les cellules entraîne dans les premiers jours de ramadhan des hypoglycémies qui sont responsables de la sensation de faim ressentie par le jeûneur. Durant le ramadhan, après les premiers jours, l'insuline laisse sa place prédominante au glucagon. Le glucagon est l'hormone du jeûne, elle va mobiliser les réserves de l'organisme en particulier les graisses pour fabriquer le précieux glucose qui n'est plus apporté par l'alimentation. La prédominance du glucagon au bout de quelques jours de jeûne permet de moins présenter d'hypoglycémies graves et donc de moins sentir la faim. Outre la glycémie, la calcémie accuse en début de nuit une diminution significative, mais sans atteindre le seuil inférieur de la normale. Le cholestérol total et l'oxydation des graisses augmentent significativement, de même que l'uricémie. Le taux d'insuline diminue le jour pour augmenter le soir, tout comme la gastrine. Le pH gastrique voit sa moyenne diminuée ; cette diminution persiste un mois après le ramadhan.
Le jeûne du mois de ramadhan semble par contre n'avoir aucune influence sur la pression artérielle et la fréquence cardiaque, mesurées en ambulatoire pendant ce mois.
Source: elmoudjahid