Certes, les habitudes auxquelles certains se sont accoutumés à pratiquer durant ce mois de jeûne réduisent le temps dédié à la lecture, alors que pour d'autres, le Ramadan offre l'opportunité appropriée et idoine pour s'adonner librement à cette activité intellectuelle.
L'illustration la plus éloquente est bel et bien celle de Driss Khrouz, qui n'est autre que le directeur de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc. Il a d'ores et déjà entamé la lecture de trois ouvrages, dont "Assouna wa Al Islah" d'Abdellah Laroui et "Comment le peuple juif fut créé" de Shlomo Sand, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Tel Aviv.
Dans ce livre "détonnant" qui se montre des plus récalcitrants vis-à-vis de la politique identitaire prônée par son pays, Israël, l'auteur y remet en question "l'origine du peuple juif" et tente de démontrer comment celui-ci fut créé et inventé grâce à la plume d'historiens juifs du XIXème siècle.
Ce livre, devenu désormais et dans un laps du temps réduit un best-seller, donna lieu à des débats houleux, voire orageux qui ne manqueront pas de se poursuivre en France.
Le troisième livre entamé par Driss Khrouz est l'œuvre de l'auteur Henri de Bournazel sur l'épopée et l'histoire du Maroc.
Le Directeur de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc a confié à la MAP que ce dernier ouvrage lui procure un réel plaisir, en ce sens que l'auteur y jette un regard scrutateur de l'histoire et des tribus de l'Atlas.
Même son de cloche chez Mohamed Sabila qui affirme se consacrer actuellement à la lecture des deux ouvrages de Abdellah Belkziz sur les "Arabes et la modernité", ajoutant que la première partie de ce livre relève d'un encadrement théorique des primordiaux traités par la pensée arabe contemporaine surtout en ce qui concerne les questions inhérentes au progrès, à la renaissance, à la modernité et à la relation entre soi et l'autre.
Cette partie traite également des grands changements historiques qu'a connus le monde arabe, en particulier "Naqssa" et les écrits et appels qui s'en suivirent. Dans cet ordre d'idées, l'auteur rappelle les premières permisses de la modernité arabe, notamment dans le domaine politique avec Ahmed Lotfi Assayed et le libéralisme politique arabe, outre les contributions islamiques à la modernité politique incarnées par les écrits d'Abderrazek et son rôle dans le courant original du système civil à travers une vision islamique.
M. Belkziz conclut cette première partie, selon M. Sabila, avec la contribution de certains intellectuels, entre autres, Taha Hussein, à travers notamment les écrits de ce grand écrivain arabe dans le domaine littéraire, l'éducation et l'enseignement.
Concernant la deuxième partie intitulée par M. Belkziz "De la renaissance à la modernité", M. Sabila rappelle qu'elle avait été l'objet d'un séminaire organisé au Maroc par le Centre d'études de l'unité arabe, ajoutant que son auteur accorde un grand intérêt au discours de la modernité arabe à commencer par les auteurs ayant soulevé le concept de l'Etat nation et la question de la modernité politique et l'Etat nation et l'Islam et l'Etat nation.
M. Sabila s'est dit, en outre, convaincu que le plus important de l'ouvrage est la partie consacrée par l'auteur à la contribution de la pensée marocaine à la formulation des problématiques primordiales de la pensée arabe contemporaine, dans la mesure où, a-t-il précisé, l'ouvrage révèle dans cette partie consacrée à Laroui que l'apport de ce dernier diffère des autres approches présentées par les penseurs arabes, dans la mesure où il procède d'un "diagnostic" qu'il appel le sous-développement historique "total".
Certains intellectuels consacrent leurs lectures, pendant le mois sacré de Ramadan, au volet relatif aux recherches, dont le chercheur Farid Zahi qui se consacre actuellement à la traduction d'un ouvrage du Français André Chouvrian sur "Crépuscule de l'islam", paru en 1906 qui relatait le voyage d'un intellectuel au Maroc vers la fin du 19ème siècle et le début du 20ème.
Source: biladi