L’ambassadeur du Marocain près le Gabon, Ali Bojji, dont le pays ainsi que le Gabon sont tous membres de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), à l’occasion de la commémoration du quarantenaire de la création de cette institution, célébrée ce vendredi à travers ces pays, a accordé une interview à GABONEWS, dans laquelle il défend que « le terrorisme qui n’est ni arabe, ni musulman, ne connaît pas non plus de frontières et de religions».
-Excellence Monsieur l’ambassadeur, l’Organisation de la Conférence Islamique célèbre ce vendredi son quarantenaire. En la circonstance, veuillez jeter un regard rétrospectif sur les motivations profondes de la création de cette institution.
-Merci beaucoup, je dois dire que l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) a été créée, à l’initiative de feu sa Majesté Hassan II, que Dieu ait son âme, le 25 septembre 1969, suite à une conférence des pays islamiques qui s’est tenue à Rabat.
Le fait générateur de la création de l’OCI est l’incendie criminel dont a été l’objet, la mosquée Al Aqsa qui est le troisième lieu saint pour les musulmans, après la Mosquée de la Mecque et Médine en Arabie Saoudite.
Donc, c’est un lieu sacré pour les Musulmans. Un incendie criminel a été perpétré le 21 août 1969 contre la mosquée Al Aqsa à Jérusalem. Suite à cela, le Maroc, donc feu sa majesté Hassan II, a pris l’initiative d’organiser une conférence, un mois après, le 25 septembre exactement, pour que les pays musulmans puissent réagir en commun face à cet acte criminel.
De là, est née l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). Il fallait réagir face à ces atteintes graves aux sentiments religieux des Musulmans et aussi, il ne fallait pas laisser passer un acte aussi odieux que celui perpétré par un fanatique contre la mosquée Al Aqsa.
-En créant cette institution, quel était le but ? Quels sont ses objectifs?
-Il y a plusieurs objectifs bien sûr. Le premier c’était de sauvegarder les lieux saints de Jérusalem, notamment la Mosquée Al Aqsa qui est comme je le disais, le troisième lieu sacré des Musulmans ; il y a aussi un objectif de coopération, de solidarité entre les pays musulmans dans différents domaines: socioéconomique, éducatif et scientifique.
Le siège de l’OCI se trouve à Djeddah. Pour marquer l’importance que le Maroc accorde à cette organisation, nous avons abrité plusieurs conférences islamiques au Maroc, et même deux secrétaires généraux se sont même succédé à la tête de l’organisation entre 1997 et 2004.
Nous avons le siège d’une institution qui s’appelle l’ISESCO, c’est en quelque sorte l’équivalent de l’UNESCO, mais dans les pays musulmans islamiques. Alors, il faut comprendre que les 57 pays musulmans à travers le monde, constituent à peu près un milliard d’habitants, soit environ le 1/6 de la population du globe.
Et l’objectif est de faire de cette organisation un des acteurs majeurs dans la recherche de la paix, de la stabilité à travers le monde et un partenaire des autres institutions internationales, les nations unies par exemple où l’OCI a un bureau permanent.
C’est donc de contribuer en tant que communauté musulmane, à asseoir la paix et la stabilité à travers le monde. Il soutient aussi la cause du peuple palestinien qui est une cause sacrée pour tous les musulmans parce que, le troisième lieu saint se trouve en terre de Palestine. Il s’agit aussi d’essayer de lutter contre les tentatives du gouvernement israélien de judaïser la cause.
-Globalement et en terme de bilan, au regard de tous ce que vous avez présenté comme ayant déjà été fait par l’OCI, peut vraiment parler d’un bilan positif aujourd’hui ?
-Oui, le bilan est positif. J’ai ici la liste des pays membres. Si des pays qui ne sont pas considéré comme membres, demandent à avoir le statut observateur au sein de cette organisation, et je citerais par exemple la Russie, la Thaïlande , la République Centrafricaine , la Bosnie …Ca veut dire que ces pays veulent joindre leurs efforts, aux autres pays membres de l’Organisation de la Conférence Islamique pour peser sur les questions de paix et de stabilité à travers le monde.
-Pourquoi avoir choisi le Gabon pour abriter la Conférence des ministres de la Communication de l’OCI prévue en 2011 ?
-Le Gabon a fait acte de candidature pour abriter cette conférence, et c’est tout à l’honneur, du Gabon qui est membre de l’OCI de puis 1974, ce n’est pas rien, c’est un membre actif de cette organisation.
C’est l’occasion pour le Gabon d’apporter sa contribution dans cette espace vaste d’un milliard de musulmans et de porter sa valeur et ses conseils dans le cadre de ce vaste ensemble qu’est l’OCI.
Je dirais que c’est une action positive pour le Gabon d’avoir fait passer ce message avec cette candidature pour abriter la prochaine conférence dans deux ans des ministres de la Communication. Cela prouve l’estime, la considération que les autres pays membres accordent au Gabon et à ses dirigeants.
Le Gabon joue un rôle important et va continuer à le jouer et pas seulement sur la scène africaine mais aussi la scène mondiale et internationale, et ce n’est que justice que de pouvoir abriter une conférence de cette importance ici au Gabon.
-Excellence, aujourd’hui, on parle beaucoup de l’islamophobie d’autant que le terrorisme est venu compliquer davantage les choses. Dans ce contexte quels sont les axes stratégies que vous développez au sein de cette institution pour dire au monde que le terrorisme n’est pas seulement arabe ni musulman?
-Le terrorisme n’est pas arabe et n’est pas musulman, le terrorisme ne connaît pas de frontières, ne connaît pas de religions. Vraiment c’est porter atteinte à l’islam que vouloir faire cette confusion entre terrorisme et islam.
Déjà islam, « salam », ça veut dire « paix », originellement, ça veut dire « paix ». Chaque musulman lorsqu’il rencontre un autre musulman, une autre personne, il dit « assalam aaleykom », « paix sur vous ».
Le mot « paix » est prononcé plusieurs fois par jour par les musulmans. C’est des gens, ces terroristes, qui ont une idéologie. C’est vrai qu’ils se réclament musulmans, mais ils n’ont rien à voir avec la religion qui est une religion de tolérance, une religion de dialogue, une religion de paix.
Et d’ailleurs, ce mouvement l’islam, existe de puis plusieurs siècles. On n’a jamais entendu parler d’actes de terrorisme dans l’histoire. Ce n’est que maintenant, du fait de la politique internationale que des gens se réclamant de cette idéologie extrémiste et indûment, mais vraiment indûment, de l’islam, alors que l’islam est innocent par rapport à ces personnes, qui portent atteinte à tous les musulmans à cause de ça.
Maintenant, pour voyager d’un pays à un autre, on resserre les vices, on rend les mesures encore plus draconiennes qu’auparavant. Mais, nous sommes complètement en déphasage avec ces gens qui soit disant se réclament de l’islam alors que l’islam, je le répète est une religion de paix, de tolérance, de dialogue, et ça a toujours été comme ça depuis des siècles.
Je souhaiterais que les média gabonais puissent saisir l’occasion du 40e anniversaire de la création l’OIC, pour parler de cet évènement, pour rappeler l’apport important et inestimable que cette organisation apporte à ses Etats membres, son rôle sur la scène internationale, en tant qu’acteur qui œuvre pour la paix et la stabilité internationale.
Source: GABONEWS