La procédure est freinée par un recours des parlementaires socialistes devant le Conseil constitutionnel sur le texte autorisant l'émission de ces instruments nommés "sukuk". Lors du vote de cette proposition de loi mi-septembre, des députés socialistes avaient dénoncé une entorse à la laïcité. Le Conseil constitutionnel a 30 jours pour statuer.
En marge d'une conférence sur la finance islamique, à Paris, Alexandre de Juniac a déclaré à des journalistes que cette première émission serait possible "l'année prochaine". Une source proche du dossier a confirmé cette échéance et fait état d'"un autre projet pour faciliter les émissions de sukuk". "Ça peut passer par d'autres véhicules", a dit cette source, sans plus de précision.
A la différence des obligations classiques, les sukuk sont nécessairement adossées à un actif tangible et ne paient aucun intérêt, les investisseurs recevant des coupons correspondant à une part des profits dégagés par l'actif sous-jacent.
La première sukuk française devait à l'origine être lancée avant le mois d'octobre. Un représentant d'Europlace avait indiqué à Reuters en avril qu'une institution financière française comptait lever un milliard d'euros de cette façon, un montant que n'a pas confirmé Alexandre de Juniac.
La France souhaite accueillir plus de capitaux gérés conformément à la Charia et a commencé à modifier son cadre réglementaire et législatif en ce sens.
Au niveau mondial, ces capitaux sont estimés à 1.000 milliards de dollars avec des perspectives d'évolution rapide.
Source: Reuters