Paris(IQNA)- Les régulateurs bancaires occidentaux doivent s'assurer de la bonne interaction des activités de finance islamique avec le reste du système bancaire avant de permettre aux banques islamiques d'exercer sur leur sol, dans le but de préserver la stabilité financière, a déclaré mardi Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, lors d'une conférence à Paris.
Egalement membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, C.Noyer a notamment mentionné la nécessité de clarifier la gouvernance des banques islamiques et le rôle des "shariah boards", comités qui contrôlent la conformité du fonctionnement de la banque aux principes de l'islam. Il a aussi évoqué la question de la gestion des liquidités et de l'accès qu'auraient ces banques à l'Eurosystème.
Bien qu'il soit difficile de déterminer l'impact de la finance islamique sur la stabilité financière, C.Noyer a évoqué des risques spécifiques, liés à la manière dont ces banques exercent leurs activités, qui diffèrent des risques posés au système par les banques conventionnelles.
Les banques islamiques sont confrontées à des problèmes spécifiques notamment en termes de gestion des liquidités, car l'interdiction par l'islam des taux d'intérêt pèse sur leurs sources de financement, a souligné C.Noyer.
L'absence de standardisation des produits et d'harmonisation des normes islamiques, qui dépendent de l'interprétation des textes par les exégètes de l'islam, crée des incertitudes sur le plan légal et opérationnel.
Les déclarations de C.Noyer interviennent alors que le Parlement a adopté récemment une proposition de loi autorisant l'émission d'obligations islamiques nommées "sukuk", et donnant ainsi à la France l'accès à une partie du marché en forte croissance de la finance islamique.
Source: easybourse