Depuis le meeting du 22 août dernier, rentré dans l’histoire, le HCI avait marqué la pause, en reconnaissance de l’acte de grande facture pris par ATT en renvoyant le projet de code à l’Assemblée nationale.
Sous des applaudissements nourris de plus d’un millier d’imams et Erudits, les chefs traditionnels de la ville de Bamako (notamment les familles fondatrices), le président du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM), Mahmoud Dicko, et le prêcheur Chérif Ousmane Madane Haïdara se sont donné l’accolade avant de se serrer la main dans de larges sourires.
«Il n’y a pas de malentendu entre Dicko et Haïdara. Que cela soit clair dans tous les esprits et compris de tous». C’est ce qu’a asséné le président du Haut Conseil Islamique. Il s’exprimait ainsi devant un parterre de chefs religieux et traditionnels de la ville de Bamako à la faveur d’une Assemblée générale tenue, le dimanche 4 octobre 2009, au centre international des conférences de Bamako. En fait, le président Mahmoud Dicko a prêché l’entente et l’unité de la communauté musulmane tout en l’invitant à la tolérance mutuelle. Un fait marquant de cette rencontre a été le retour dans les rangs du HCI, du prêcheur Ousmane Madani Haïdara, après son absence remarquée au meeting organisé le 22 août dernier au stade su 26 mars. Ce 4 octobre, il a pris place au présidium, mais n’a pas été invité à prendre la parole. C’est un tonnerre d’applaudissements qui a accueilli les accolades et poignées de mains entre le président du Haut Conseil islamique l’Imam Dicko et le prêcheur Haidara. C’est la preuve asséné de ce qu’il y avait des esprits mal intentionnés qui ont voulu créer la désunion au sein des oulémas maliens.
Cet épisode qui a conclu l’assemblée générale du 4 octobre visait à mettre à tout malentendu au sujet de la cohésion et l’unité d’action entre les deux hommes, les deux personnalités religieuses. Selon ces mauvaises langues, les relations seraient froides, depuis les manifestations de protestation contre le code des personnes et de la famille, notamment le meeting historique du 22 août 2009 au cours duquel Chérif Ousmane Madane Haïdara avait brillé par son absence.
Cette rencontre du CICB sera suivie par d’autres à l’intérieur du pays. Mahmoud Dicko a salué concession du président de la République qui a renvoyé le code en second lecture. Il a qualifié cette décision «d’historique» et «inhabituelle».
Depuis, le HCIM prépare ses propositions à l’amélioration du code qu’il a donc rendu public lors de l’assemblée générale du 4 octobre.
Le Haut conseil islamique a mis en place une Commission de relecture du nouveau Code après le renvoi pour une seconde lecture. Cet organe d’une douzaine de membres (constitué d’experts de droit religieux et de droit d’Etat moderne) est opérationnel depuis un mois. Il est chargé de formuler les propositions d’amendements de la communauté musulmane pendant la révision du code.
Le travail de cette Commission a été restitué à la rencontre du 4 octobre par son président, Mamadou Diamouténé, secrétaire général du Haut Conseil. Les religieux ont été invités par la suite à faire parvenir à la commission leur contribution pour l’amélioration du texte.
Mamadou Diamouténé a fait l’historique de l’élaboration du code à laquelle, dit-il, les musulmans ont été associé et ont sans cesse rappelé les réserves de la communauté musulmane. Ce sont environ une vingtaine d’articles qui sont épinglés par l’institution islamique. L’article 5 admet qu’il ne peut être porté atteinte à l’intégrité de la personne humaine qu’en cas de nécessité médicale. Le haut conseil indique qu’il soit ajouté « sauf pratiques compatibles avec nos valeurs » pour éviter le piège d’une interdiction de l’excision et de la peine de mort. L’article 24 stipule que la loi assure « la protection de la femme et de l’enfant». Les musulmans opposent «la défense de la personne ».
Source: maliweb