Dans une allocution prononcée aujourd’hui devant la 35ème session de la Conférence générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture –UNESCO- qui poursuit ses travaux à Paris, le Directeur général a déclaré que l’ISESCO qui représente la conscience culturelle du monde islamique et dont les objectifs consistent, entre autres, à coopérer avec la communauté internationale afin de promouvoir le dialogue des cultures et l’alliance des civilisations, diffuser les valeurs de justice, de paix et de coexistence entre les peuples et les nations et faire régner l’esprit d’entente et le respect mutuel entre tous les peuples du monde.
Il a affirmé, en outre que « L'ISESCO est convaincue que le dialogue est la voie des sages, ceux qui assument la responsabilité de sauver le monde des innombrables dangers qui le menacent. Mais il va sans dire que dès lors qu’on érige le dialogue en méthodologie, philosophie, devoir et responsabilité, et en l’absence de la justice, qui plus est dans une conjoncture internationale marquée par la violation du droit international, de la légalité internationale, de la charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ce dialogue sera vain et ne pourra avoir aucun effet positif sur le terrain. »
« Aussi, l’intérêt suprême de l’humanité - qui constitue notre souci majeur - et la sagesse - que nous enseigne l’histoire humaine - nous amènent-ils à souligner du haut de cette tribune la nécessité d’associer le dialogue et la coexistence au respect scrupuleux des principes de la justice internationale partout dans le monde. » a-t-il affirmé.
Et de poursuivre : « Le monde a autant besoin aujourd’hui d’un dialogue juste que d’une paix juste, car le dialogue non fondé sur la parité, l’égalité et la volonté commune est un dialogue unilatéral et ne peut, dès lors, nous permettre de réaliser les nobles objectifs auxquels nous aspirons tous. »
Le Directeur général de l’ISESCO a, par ailleurs, signalé que : « Le dialogue fondé sur la paix est la condition objective pour surmonter les problèmes que nous nous attelons tous à résoudre. Mais la paix, si elle n’est pas fondée sur la justice, l’équité et la réparation des injustices, ne peut conduire à la sécurité, la stabilité et la tranquillité et ne peut donc perdurer. Ainsi, plus on s’emploie à consacrer les fondements du dialogue entre les cultures dans un monde où règne la paix juste, plus les chances sont grandes d’atteindre les Objectifs pour le Développement du Millénaire, dont le délai fixé pour la réalisation expirera bientôt. »
Et de poursuivre: «L’édification de l’Homme passe avant le développement des sociétés. Or notre mission à l'ISESCO et à l'UNESCO est justement d’édifier l’homme sur les plans de l’éducation, de la science et de la culture, de façon à enraciner la paix dans les cœurs, les esprits et les consciences. C’est ainsi que nous pourrons diffuser les principes de dialogue et de respect mutuel et construire un monde stable, paisible et prospère. »
Par ailleurs, le Directeur général a dit en substance : « Nous à l'ISESCO sommes convaincus que le dialogue des cultures est un pilier fondamental de l’action civilisationnelle que nous entreprenons. Et c’est dans cet esprit que nous avons co-tenu avec bon nombre d’organisations régionales et internationales une série de conférences internationales sur les questions de dialogue et de coexistence.
Toutefois, nous relevons avec amertume qu’au moment où nous menons cette action responsable - laquelle n’a pas jusqu’à ce jour porté ses fruits -, nous assistons à une recrudescence et à une intensification des campagnes de haine et de racisme dirigées contre le monde islamique, à travers lesquelles l’islam, religion d’amour et de paix, est taxé de terrorisme et d’extrémisme. Il va sans dire que ces accusations, autant elles portent préjudice au monde islamique, qui en vérité œuvre à instaurer la paix dans le monde, autant elles violent les droits de l’homme, attisent les conflits et les tensions entre les peuples, gênent la marche de la paix mondiale et entravent les efforts que nous déployons pour renforcer la culture de la justice et de la paix et consacrer les valeurs de dialogue et de coexistence. »
Dans la même veine, Dr Altwaijri a poursuivi : « Dans l’allocution que j’avais prononcée ici même au cours de la précédente session de la Conférence générale de l'UNESCO, j’avais appelé cette organisation internationale à adopter un programme sur l’« éducation à la prévention de l’extrémisme et du terrorisme ». Aujourd’hui, et vu toutes les tensions que connaît le monde, je saisis de nouveau cette occasion pour inviter l'UNESCO à adopter un programme éducatif international sur la culture d’un dialogue juste pour une paix juste. L’objectif de cette démarche est de sauver le concept même du dialogue de la disparition dans ce tourbillon où des puissances hégémoniques et influentes cherchent à ce que la théorie du conflit des civilisations l’emporte sur celle du dialogue des civilisations. »
Dans l’allocution prononcée à la Conférence générale de l’UNESCO qui se tient tous les deux ans, en présence des ministres de l’éducation, l’enseignement, l’enseignement supérieur et la technologie, Dr Abdulaziz Othman Altwaijri a, en outre, affirmé que « L'Organisation islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture, dont la politique, les programmes et les projets traduisent la vision civilisationnelle du monde islamique, tient à réaffirmer son entière disposition à œuvrer avec l'UNESCO dans ce domaine vital, conformément aux objectifs énoncés dans sa Charte. De fait, ces objectifs consistent, entre autres, à promouvoir les efforts internationaux visant à améliorer la vie des peuples à travers l’éducation, l’enseignement, les sciences, la technologie et la culture. Telle est la mission que l'ISESCO s’emploie à accomplir depuis sa création en 1982, et telle est la mission civilisationnelle du monde islamique. »
A la fin de son allocution, le Directeur général a ajouté que « Le monde envisage la nouvelle phase que l'UNESCO s’apprête à entamer sous sa nouvelle direction avec optimisme. Il fonde beaucoup d’espoirs sur l’Organisation pour qu’elle puisse assumer le rôle qui lui est dévolu dans la promotion de la culture de la paix et de la justice et le développement des sociétés humaines, en particulier celles étant en retard dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la technologie, de la culture, de la communication et de l’informatique. L’objectif est de construire la société du savoir et contribuer à l’instauration de la paix et de la sécurité, notamment en adoptant une position ferme et courageuse contre tous ceux qui violent les principes nobles qui constituent le cœur de la mission de l'UNESCO. »
A noter que l’ISESCO et l’UNESCO s’attèlent à la mise en œuvre d’un programme de coopération qui se renouvelle tous les deux ans dans le cadre d’un accord de coopération signé en 1984.
Source: ISESCO