Islam Invest est un établissement financier de statut français spécialisé dans la finance islamique.La présence des responsables de cette institution au Centre de presse d’El Moudjahid dans le cadre d’une conférence-débat correspondait à la tenue d’un colloque qu’organisera Islam Invest au Sheraton.
C’est M.Zoubeir Benterdeya, directeur associé d’Islam Invest et M.Hideur Nacer, directeur central à la Banque El Baraka qui ont été les intervenants, accompagnés de M.Liazid Ighrarene, responsable opérationnel du bureau d’études informatiques, Djezz It qui travaille avec Islam Invest.
Les intervenants se sont largement étalés sur la crise financière et économique internationale et les opportunités qui ont alors été offertes à la finance islamique pour la conquête de parts de marchés.La finance islamique, il faut le reconnaître séduit de plus en plus en Occident.
Les pays du vieux continent marquent leur intérêt pour ce type de bancarisation et aménagent leur législation et leur réglementation pour attirer des banques islamiques voulant profiter de l’énorme pactole que génère ce marché, et notamment les importants avoirs en pétrodollars qui cherchent à s’investir selon des modes non conventionnels comme cela était le cas dans un passé récent.
Les gouvernements occidentaux ont compris tout le profit qu’ils pouvaient tirer de la présence de telles banques dans leurs pays, en ces temps de crise qui ont ciblé plus particulièrement le système bancaire conventionnel qui a été fortement adossé aux mouvements spéculatifs.
La finance islamique a été peu touchée par la crise financière internationale relèvent les deux orateurs, M.Zoubeir Benterdeya et Hideur Nacer, précisément, disent-ils parce que les mouvements spéculatifs lui sont complètement étrangers.
S’agissant de la présence sur le marché algérien de la finance islamique, il y a un gros potentiel qui reste à exploiter pour les sociétés et entreprises algériennes exploitant ce mode de financement.Il y a une niche de capitaux, dira M.Hideur Nacer, directeur central à Al Baraka qui pourra être exploitée.
Le système reste dominé par le système conventionnel et le poids des banques publiques mais il est certain que la finance islamique se fraye un chemin.
Pour M.Benterdeya, directeur à Islam Invest, lors du colloque de mardi prochain on fera appel à des Occidentaux qui, suprême paradoxe, viendront nous faire part de leur expérience en matière d’intégration de la finance islamique dans le cadre de leur système, ceci est encore une fois un paradoxe alors que l’on sait que la finance islamique est née en terre d’islam.
En Grande Bretagne, il existe cinq banques qui travaillent dans la finance islamique (une banque de développement et des banques d’affaires).Il existe, également, un réseau de banques au Luxembourg où il existerait 13 groupes.
La France s’intéresse de plus en plus à ce type de financement.Une commission de travail a été installée.Il y a aussi une association qui existe.Toutes ces institutions travaillent d’arrache-pied pour attirer les banques islamiques du Proche-Orient profitant des énormes avoirs détenus par celles-ci.
Pour M.Benterdeya, on va partager cette expérience avec nos invités financiers, banquiers, juristes sur les défis et les problématiques générés par la finance islamique dans le monde qui aura à s’adresser durant le colloque à des professionnels et des experts.
Pour M.Hideur Nacer, directeur à Al Baraka, l’institution qu’il représente a près de 20 ans de présence en Algérie qui constitue un important capital en matière de savoir-faire.Il existe, dit-il, dans notre pays, un marché de la finance islamique et une très forte demande, des produits qui sont inspirés de la finance islamique. Lors du colloque de mardi prochain on aura à rappeler quels sont les instruments institutionnels à mettre en place pour favoriser l’épanouissement de la finance islamique et faire de la place financière d’Alger une place importante. Pour M.Benterdeya. Au Maroc, à côté du système financier conventionel, il existe des banques dites alternatives. On se répugne alors à parler de banques islamiques. En Tunisie, l’expérience des banques islamiques est plus ancienne que celle prévalant en Algérie.
L’arrivée d’Al Baraka sur le marché algérien, il y a près de vingt ans en tant que banque privée à capitaux étrangers, émanant d’une véritable volonté des pouvoirs publics d’élargir le réseau bancaire national à ce type de banques, spécialisées dans la finance islamique. M.Benterdeya Zoubeir, constate que le marché algérien est ouvert aux banques islamiques mais à d’autres types de banques.
Sur la crise financière et les banques islamiques, le représentant d’Isla Inveré, rappelle que les banques islamiques ont tiré quelques opportunités de cette crise, puisque des déposants ont retiré leurs avoirs des banques conventionnelles touchées par la crise pour les placer dans les banques islamiques.C’est vrai que les banques islamiques n’ont pas été totalement épargnées, mais elles ont beaucoup moins été atteintes. La finance islamique constitue pour l’heure 1% environ de la finance internationale mais ses développements demeurent importants.
On peut alors parler de véritable attractivité pour un système, la finance islamique qui a basé ses relations d’affaires sur l’éthique et la transparence. Pour M.Benterdeya, répondant aux questions des participants, la crise financière internationale est venue de la montée des taux d’intérêts. Les banques islamiques opérant sur d’autres registres n’ont pu donc être affectées.
Concernant une question sur la loi de finances complémentaire 2009, les intervenants reconnaissent que cette loi est venue en réduction de la facture de l’import. c’est légitime, disent-ils, qu’un pays protège son économie. Toutes les banques étaient conscientes des enjeux.
Sur l’activité commerciale, M.Hideur Nacer reconnaît qu’il y a bien en réduction de revenus, mais on s’est redeployé, dit-il, sur d’autres activités après la suppression ou la suspension de certains crédits, notamment les crédits à la consommation vers les (professions libérales, la micro finance et le financement participatif, le transport etc.). Pour M.Benterdeya, l’impact de la crise a été réduit sur la finance islamique. Il y a eu comme déjà indiqué un plus même. La finance islamique, c’est une évolution importante sur le plan international.
En 10 années, on est passé de 150 milliards de dollars à 800 milliards actuellement.Ce qui importe, c’est le potentiel dans une société de plus en plus internationalisée.
En Algérie, la finance islamique effectue des percées dans un système qui reste écrasé par les banques publiques.En Algérie, ce n’est pas en l’occurrence, la taille, car, là, la concurrence est rude, mais la rentabilité qui est prise en compte quand on veut juger de l’évolution de la finance islamique.
Source: elmoudjahid