Il faut poursuivre le dialogue avec les musulmans

13:15 - December 22, 2009
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Suisse(IQNA)- Des représentants d’organisations islamiques de Suisse se sont entretenus hier à Berne avec Eveline Widmer-Schlumpf, cheffe du Département fédéral de justice et police.
Au menu des discussions: la suite à donner au vote contre la construction des minarets. Ancien porte-parole de la Mosquée de Genève, à la tête aujourd’hui de la Fondation de l’entre-connaissance, Hafid Ouardiri était l’une des six personnalités conviées à débattre. Il répond aux questions du Temps.
Le Temps: Quelles sont vos impressions au sortir de cette rencontre?
Hafid Ouardiri: Je suis satisfait. Nous n’avons pas usé de la langue de bois. Les mots ont été justes et significatifs. Pour rappel, cette rencontre est la troisième du genre à la demande de la cheffe du Département fédéral de la justice. Le dialogue a commencé avant la votation sur l’initiative anti-minarets, il se poursuit après avec un point fait sur le résultat de cette votation. C’est une bonne chose. Il s’agit désormais d’aller de l’avant pour que la peur ne se réinstalle pas.
– Concrètement quelles avancées observez-vous?
– Mme Widmer-Schlumpf a affirmé la volonté de la Confédération de poursuivre et d’élargir le dialogue avec la communauté musulmane. Elle a souligné très justement que la décision du peuple suisse restreignait la liberté pour les musulmans de manifester leur croyance en érigeant des minarets, mais ne touchait pas leur droit de professer leur foi. Elle nous a par ailleurs précisé que la décision populaire était l’expression de peurs et d’incertitudes. De notre côté, nous préférons parler de problèmes car ce sont ces mot, peurs et incertitudes, déjà utilisés par les initiants qui cristallisent les tensions. Le plus important reste que d’autres rencontres auront lieu, la prochaine dans deux mois, avec la Confédération et les musulmans mais aussi d’autres participants, afin de discuter de mesures concrètes. Je pense par exemple à un effort dans l’enseignement, l’information et l’éducation, pour qu’un peu de temps soit accordé à la présentation de l’islam et aux différentes communautés musulmanes vivant en Suisse. Les gens doivent mieux comprendre notre religion. Cela évitera peut-être une votation comme celle contre les minarets.
Source: letemps
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