L'Association nationale saoudienne des droits de l'homme (NHRA) exprime également sa réprobation et demande à la Confédération de respecter l'article 18 de la Déclaration internationale des droits de l'homme. Venant d'un pays qui refuse la pratique même à titre privée de toute autre religion sur son sol, la leçon de tolérance est experte!
La France a choisi de lancer un débat sur l'identité nationale qui tourne un peu en rond. Une enquête du Pew Research Center, institut d'opinion réputé des Etats-Unis, réalisée au printemps 2009 auprès de musulmans de quatre pays européens, montre que les musulmans de France n'ont pas de leçons d'intégration à recevoir de leurs voisins européens. Avec les Espagnols, ils sont ceux qui ressentent le moins d'hostilité à l'égard des pratiquants de l'islam (39 % estiment que les Européens sont hostiles aux musulmans, contre 52 % en Allemagne). A choisir entre la nationalité ou la religion, 81 % des musulmans britanniques optent pour la seconde, alors que les musulmans français sont partagés : 42 % choisissent la nationalité et 46 % la religion. Seule une faible minorité approuve les attentats-suicides (16 % en France). Critiqué au moment des émeutes de l'automne 2005 dans les banlieues, le modèle français d'intégration est réhabilité par les faits, il est pourtant mis en accusation.
Créée en septembre 1969 à la suite de l'incendie criminel de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, l'OCI a vocation à défendre les intérêts moraux et religieux des musulmans. Avec plus de six millions de musulmans, la France peut se considérer comme le porte-parole d'une communauté plus significative qu'un tiers des Etats membres de cette organisation. Il est peut-être temps pour les musulmans français de représenter eux-mêmes la République dans des enceintes où ils pourraient s'exprimer sans caricatures.
L'OCI paraît la bonne tribune. Ce n'est pas une organisation strictement religieuse, ses buts étant politiques, économiques, sociaux et culturels. Elle regroupe aussi des Etats laïcs comme la Syrie, l'Irak, la Tunisie ou la Turquie. Des pays n'ayant qu'une minorité de musulmans en sont membres, comme le Guyana, l'Ouganda ou le Surinam. Des Etats comptant des dizaines de millions de musulmans comme l'Inde, la Russie ou la Chine, en revanche, ne sont pas membres ou ne sont que membres observateurs.
D'autre part, cette enceinte permettrait de confronter les différentes façons de concevoir la tolérance. Les pays occidentaux seraient amenés à réexaminer le droit d'asile politique accordé à des djihadistes poursuivis pour crimes de sang dans leur pays et dont l'extradition est refusée parce qu'ils risquent la peine de mort, comme ce fut le cas pour Abou Qatada et Abou Hamza au Londonistan.
En 2004, l'OCI a soutenu avec la Ligue arabe le projet à l'ONU d'une "Alliance des civilisations", proposé par le gouvernement Zapatero (Espagne) et le gouvernement Recep Tayyip Erdogan (Turquie). L'entrée de la France dans l'Organisation permettrait donc une réelle avancée de cette initiative.
Source: lemonde