Ce forum devra inciter les institutions financières des pays du Golfe surtout à venir s’implanter dans le marché de l’UEMOA et à y vulgariser la finance islamique, a expliqué Oulimatou Diop, directrice de la monnaie et du crédit au ministère sénégalais de l’Economie et des Finances.
L’Institut africain de la finance islamique(IAFI) et le ministère sénégalais de l’Economie et des Finances, qui s’occupent de l’organisation de ce forum, donnaient un point de presse consacré au sujet.
Cette rencontre est organisée pour faire adhérer les gouvernements et les banques de l’espace UEMOA à la finance islamique, a dit Mme Diop. Il est question aussi, à travers ce forum qui s’achève le 12 janvier, d’amener les décideurs des pays de l’UEMOA à s’animer d’une ’’volonté politique’’ orientée vers la finance islamique et à ’’poser les vrais problèmes’’.
La finance islamique se caractérise par un certain nombre de principes fidèles à la Charia, la loi islamique, comme l’interdiction de la spéculation et de la perception des taux d’intérêt. Elle préconise le partage des profits et des pertes, a rappelé Mme Diop.
Seuls trois pays (le Sénégal, le Niger et la Guinée-Bissau), sur les huit de l’UEMOA, possèdent des unités d’administration de la finance islamique : les représentations de la Banque islamique de développement (BID), qui fédère une cinquantaine de pays.
’’Il faut un engagement communautaire, une dynamique communautaire. Il faut que la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) puisse ouvrir des fenêtres à la finance islamique’’, a souligné Oulimata Diop.
Il est assigné à la communauté financière de l’UEMOA, à travers ce forum, l’objectif d’’élargir l’offre de financement dans la sous-région’’, a ajouté Mme Diop.
Selon elle, des ministres des Finances des pays de l’UEMOA, des représentants d’autorités de régulation financière et de banques participeront au forum.
Le Sénégal qui abrite la première banque islamique (la BID) dans l’espace UEMOA depuis 1983 servira, a-t-elle dit, de pays-pilote d’un futur programme d’implantation de banques islamiques.
A ce titre, les acteurs de la finance seront initiés au lexique, aux opérations techniques et aux produits financiers islamiques, des ressources humaines seront aussi formées à cet effet.
Un volet d’imprégnation des médias à cette finance sera déroulé ’’à partir de cette année’’, a annoncé Mme Diop, précisant que la finance islamique ne se donne pas de limites géographiques restreintes seulement aux pays ou régions où vivent les musulmans.
’’La finance islamique est une alternative à la finance conventionnelle. Elle n’a pas vocation de remettre en cause la finance conventionnelle’’, a-t-elle expliqué.
Source: APS