Au sortir de la crise financière qui a crédibilisé ces instruments innovants, et compte tenu de la disponibilité de près de 1000 milliards de dollars à la recherche de placements sûrs, avec un taux de croissance de 25 %, la pertinence du Forum explique la participation de haut niveau conduite par la Banque islamique de développement (Bid), la banque mondiale, le FMI et la Bceao.
Plus de 150 participants, experts de la régulation et des instruments financiers, de la banque, des assurances et du micro crédit seront autour de l’Institut africain de la finance islamique (AIIF) et du ministère sénégalais de l’Economie et des Finances (MEF), co-organisateurs de cette rencontre pionnière dans l’espace communautaire.
S’adressant à la presse, samedi, au Méridien Président, Cheikh Mansour Diouf et Mouhamadou Lamine Mbacké, respectivement administrateur et président-directeur général de l’Aiif, ont campé le contexte et mis en lumière les avantages de la finance éthique particulièrement adaptée aux pays en développement.
D’autant que la crise financière mondiale a révélé que seuls les produits des banques islamiques ont été épargnés, en raison justement des 5 principes fondamentaux tirés de la charia, dont la proscription de la spéculation. Pour M. Diouf, d’ailleurs, la grande différence est que là où les banques classiques privilégient la gestion des risques et non la rentabilité, la banque islamique met en avant le travail et le partage des pertes et profits.
Le Sénégal a d’ailleurs mis en place un groupe de travail pluridisciplinaire depuis 2007, selon Mme Diop. Seulement, ce n’est qu’à partir du séminaire organisé à Dakar, en 2008 que les acteurs ont commencé à être suffisamment réceptifs. Le Sénégal est cependant un pays pilote dans l’espace Uemoa qui offre un marché de 100 millions d’habitants, alors que le Nord Soudan musulman est la référence en Afrique, même si la finance islamique est pratiquée même par les banques conventionnelles.
En Afrique du nord, la Tunisie marche sur les pas de l’Angleterre qui fait figure de leader en Europe, de la France où le ministre des Finances s’était personnellement chargé du dossier et de l’Allemagne qui vient de se lancer massivement dans les Sukuks -obligations islamiques. Les organisateurs veulent lever plusieurs contraintes majeures qui feront l’objet des communications du Forum, notamment celles liées au cadre réglementaire et aux ressources humaines qui font partout défaut. Le second volet est à l’origine de la création de l’Aiif qui entend poursuivre un programme de formation bien ciblée, parallèlement à la sensibilisation nécessaire du public et des acteurs.
Source: lesoleil