La finance islamique pourrait se développer encore plus

16:09 - January 05, 2010
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Dakar(IQNA)- Un secteur en développement constant malgré la crise internationale, mais freiné par un manque de bras pour conduire son expansion dans le monde. Il n’empêche, le Sénégal et l’Uemoa veulent se positionner.
La finance islamique pourrait se développer encore plus, si elle trouvait toutes les ressources humaines dont elle a besoin. Ce secteur de la finance, dont le développement n’a pas été ralenti par la crise qui a frappé l’économie internationale avec l’explosion de la bulle financière due aux primes dans le secteur de l’immobilier, en 2008 aux Etats-Unis, ne trouve pas assez de bras pour remplir la forte demande qu’elle suscite dans le monde.
M. Mohammadou Lamine Mbacké, le Directeur général de l’Institut africain de la finance islamique (abregé anglais, Aiif), l’a déclaré lors du point de presse annonçant la tenue prochaine à Dakar, du premier Forum international sur la finance islamique dans l’Uemoa. Cette manifestation, qui veut regrouper plus d’une centaine de spécialistes de la finance, venus du monde entier, devrait se pencher sur le moyen de faire profiter la région ouest-africaine, et en particulier le Sénégal, de l’importante manne financière que brasse la finance islamique.
La représentante du ministère de l’Economie et des finances, Mme Alimatou Diop, directrice de la Monnaie et du crédit, qui était présente au point de presse, l’a confirmé. Son ministère, qui est coorganisateur du forum qui s’ouvre le lundi prochain, voudrait positionner le Sénégal comme zone d’accueil des structures financières islamiques.
Ce secteur financier a la particularité de prohiber la spéculation, la recherche de l’intérêt, ainsi que le financement des activités prohibées dans l’Islam, comme le commerce de l’alcool, les jeux de hasard, et autres.
Mme Diop a indiqué que son département a commencé à travailler dans ce sens depuis trois ans, avec la mise en place d’un groupe pluridisciplinaire. Avec le forum de Dakar, il s’agira pour les autorités sénégalaises, de chercher à diversifier les instruments de financement de l’économie, en élargissant l’offre aux fonds islamiques.
Avec un encours de plus de 1 000 milliards de dollars américains, et un taux de croissance qui, en fonction des produits, varie entre 17 et 25%, la finance islamique ne manque pas de capitaux, en période de marasme dans la finance ordinaire. Les Occidentaux l’ont si bien compris qu’ils ont fait de Londres, la place forte de la finance islamique. Ce qui a permis à Mme Diop et à M. Mbacké d’expliquer que la décision d’investissement d’un financier islamique n’est pas la religion, mais plutôt les restrictions éthiques. En Malaisie, où l’Islam est la religion dominante, le tiers des clients de la finance islamique ne sont pas musulmans.
Il n’est donc pas normal que l’Afrique de l’Ouest et l’Uemoa, où la population est, dans des fortes proportions, musulmane, ne puissent pas bénéficier des mannes financières du secteur.
Source: lequotidien
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