Le bâtiment en cours de réalisation a d'ores et déjà fière allure. La nouvelle mosquée turque est en cours de réalisation sur un terrain de 3 200 m2 acheté par l'État turc à l'angle de l'avenue du Chêne-Rond et de l'avenue de la Choletière.
L'ancien pavillon qui sert actuellement de lieu de culte est trop petit : « Nous accueillons environ 200 personnes le vendredi et 400 personnes en période de Ramadan », explique Sabri Dogan. Au total, estime le président de l'association culturelle turque, il existe, à Cholet, 250 à 300 familles turques soit environ 2 000 personnes.
L'État turc a envoyé sur place un imam, Musa Akkaya, arrivé depuis trois mois en France. Il devrait résider dans notre pays pendant quatre ans. « J'ai eu des cours de français pendant six mois avant de venir ici, confie-t-il. Mais je ne le parle pas encore assez bien pour faire le prêche dans votre langue. Quelqu'un fait la traduction à côté de moi. » Il est rémunéré par l'État turc, comme un fonctionnaire.
On sait que l'islam des Turcs est le même que celui pratiqué par les musulmans du Maghreb. Alors qu'il existe déjà une autre mosquée rue Jean-XXIII, pourquoi donc construire des mosquées différentes ? Essentiellement pour des différences de culture et de langue. Même si les Turcs, qui ont leur propre langue, utilisent l'arabe ancien pour pratiquer l'Islam, cet arabe n'est pas identique à l'arabe dialectal parlé dans les pays du Maghreb. D'autre part, tous les musulmans de Cholet ne parlent pas le français et ne peuvent comprendre un prêche exprimé dans notre langue.
La nouvelle mosquée est construite en grande partie bénévolement par des membres de la communauté turque, nombreux à exercer des métiers du bâtiment. Les matériaux sont achetés grâce à des donations. Le premier étage sera consacré à la prière des hommes et des femmes ; le rez-de-chaussée dédié aux animations : « La mosquée n'est pas seulement un lieu de prière. C'est aussi un lieu où l'on peut apprendre la religion musulmane ».
Les Turcs de Cholet veulent aussi en faire un lieu de rencontre pour les jeunes : « Nous ne souhaitons pas qu'ils traînent à droite ou à gauche dans les rues. Ils vont pouvoir venir ici pour se rencontrer, se distraire avec des jeux. L'imam joue un rôle important pour faciliter leur intégration dans le pays. Sa fonction est aussi celle d'un assistant social ».
Comme la mosquée de la rue Jean-XXIII, celle de l'avenue du Chêne-Rond est dotée d'un petit minaret. « Pour nous, explique l'imam, c'est le symbole de la mosquée, comme la croix est le symbole des églises chrétiennes. D'ailleurs, il existe beaucoup d'églises en Turquie ». Les Turcs regrettent, comme beaucoup de musulmans, la polémique qui s'est engagée à la suite de la votation suisse. « Cela va creuser un trou entre les communautés ».
Source: cholet