Rufiz Hafez Ougalou, responsable de la section Moyen-Orient de l’Agence de presse d’Azerbaïdjan, lors d’un entretien avec l’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), a déclaré que malheureusement, une grande partie des problèmes venait du comportement des musulmans eux-mêmes, car beaucoup de gens incompétents et n’ayant pas des notions suffisantes sur l’islam, se permettent de donner des avis qui sèment le doute vis-à-vis des musulmans, comme ce fut le cas avec les fatwas de soi disant religieux.
« Il n’est pas normal et il est dangereux, qu’une simple personne ne mette à donner des ordres à la place des religieux accrédités, et soit à l’origine de déviations et de crainte vis-à-vis de l’islam. Ce genre de situation a contribué aujourd’hui à l’amalgame entre musulmans et terroristes, avec les activités de Al Qaida, qui ont développé une image effrayante de l’islam, dans l’opinion internationale.
Il faut remarquer que l’islamophobie en Europe et aux Etats-Unis est très différente, les Etats-Unis soutenaient les groupes extrémistes qui agissent « au nom de l’islam », en Afghanistan et en Irak, mais petit à petit, ils en ont perdu le contrôle et sont confrontés aujourd’hui à un véritable danger qu’ils essaient de contrôler pas des manœuvres politiques.
L’islamophobie aux Etats-Unis est là pour cacher les erreurs politiques des dirigeants américains dans ces pays, avec la lutte contre le Hidjab ou la fermeture des écoles islamiques. L’islamophobie en Europe est plutôt un phénomène social où certains européens sont considérés par les autres comme des citoyens de second ordre. Cela vient du fait que les musulmans en Europe qui viennent de pays divers, ont dans certains cas réussi à s’assimiler mais dans d’autres cas, ont poursuivi des comportements opposés aux comportements occidentaux, avec les problèmes culturels que cela représente.
Bien entendu il faut savoir que les non musulmans qui se rendent dans les pays islamiques eux non plus, ne peuvent pas à 100% s’adapter aux meurs et aux coutumes de ce pays. Les pays européens ne doivent pas exiger que les minorités religieuses délaissent leur identité et se conduisent exactement comme les autres. La liberté religieuse est un droit naturel, l’Europe, qui prétend défendre les droits de l’homme et la démocratie, ne devrait pas permettre que des citoyens soient rejetés à cause de leur religion ou de leur couleur.
Les musulmans quant à eux, doivent par leur comportement, inviter les gens à l’islam et lutter ainsi contre l’islamophobie. Ils sont obligés de développer leurs relations avec les autres, pour pouvoir présenter l’islam et prouver leur rejet des groupes extrémistes. Etre chiite ou sunnite n’est qu’un aspect de la personnalité d’un musulman, nous avons des musulmans turcs, arabes, afghans ou autre, tout cela rend difficile une union quand les musulmans afghans par exemple refusent d’entrer dans une mosquée de musulmans turcs et vice versa. Cela ne donne pas une bonne image de l’islam.
Les musulmans doivent abandonner ces « querelles de clocher » et se préoccuper davantage de la présentation de l’islam. Certains vêtements ne sont que des coutumes ancestrales qui n’ont rien à voir avec l’islam. Le port de la burqua par exemple n’est pas obligatoire, d’un point de vue islamique, et contribue à des réactions de rejet de la part des Européens qui ressentent un danger pour leur propre culture. Cela entraîne des conflits et même des poursuites dans certains pays. Les divergences qui existent entre les pays islamiques sont aussi regrettables, et ont même poussé le Vatican à déclarer que les pays islamiques n’étaient pas prêts pour un dialogue interreligieux », a-t-il dit.
A la fin de cette discussion, Rufiz Hafez Ougalou a insisté sur le rôle des médias dans la lutte contre l’islamophobie, et a déclaré que les médias avaient un rôle très important : « Aujourd’hui, nous avons très peu de journalistes musulmans spécialisés dans les questions islamiques, et un grand nombre de journalistes européens qui, sans avoir aucune connaissance de l’islam, se permettent de donner leurs avis et leurs interprétations sur l’islam.
Les divergences sont aussi nombreuses entre les médias islamiques. Il y a peu de convergences entre les médias arabes, turcs et iraniens, par exemple, et par contre beaucoup de divergences. Les pays islamiques doivent travailler dans le même sens pour que personne ne se permette d’insulter l’islam et les musulmans », a-t-il dit.
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