Inaugurée en 1994, c’est la mosquée des grandes occasions, de la prière médiane du vendredi, seule obligatoire. On y vient en famille, de toute la région.
Elle est belle, propre, les imams traduisent la plupart de leurs prêches. Celui qui officie aujourd’hui, algérien, suit les cours d’alphabétisation organisés par la préfecture pour les imams. Parfois, une personnalité évoque avant la prière un sujet d’actualité.
«Nous nous demandons souvent, dit Kamel Kabtane, recteur de la Grande mosquée, comment aider les musulmans à prendre toute leur place dans la sphère publique, sans interférer nous-mêmes.» Les fidèles resserrent les rangs pour la prière. Ponctuent les incantations de l’imam de murmures.
A la sortie, deux hommes tendent un drap pour recevoir les dons et certaines quêtes servent à la Grande mosquée, d’autres à des salles de prière en construction. Récemment, 75 000 euros ont été collectés pour construire des ludothèques à Gaza. En dehors des heures de prière, la grande salle est fermée.
Des salafistes (fondamentalistes) ont essayé voilà quelques années de rallier à leurs pratiques des jeunes repérés là.«Il y en a toujours quelques-uns qui viennent, dit Kabtane, mais ils n’ont plus de prise.» Pour limiter ces influences, la Grande mosquée multiplie activités et cours, d’arabe et de lecture du Coran. Le recteur veut aussi installer un «Institut français de civilisation musulmane». Et envisage des conventions avec des établissements à l’étranger, pour parfaire la formation de jeunes qui se découvrent la vocation. «Il faut penser, dit-il, à former des imams nés ici.»
Source: libelyon