La propagande islamophobe a pour objectif le rejet de la religion de l’espace contemporain

10:12 - February 07, 2010
Code de l'info: 1883608
Téhéran(IQNA)- La question est de savoir si la religion dirige le monde ou si c’est le monde qui dirige la religion. L’enjeu du conflit est le rejet de la religion de la sphère sociale, et l’instauration d’un matérialisme dans tous les domaines.
Seyed Mohammad Sadiq Husseini, spécialiste des questions du Moyen-Orient et du monde de l’islam, détenteur d’un doctorat de sciences politiques de l’université Bochum en Allemagne, dans un entretien avec l’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), a déclaré que si nous acceptions qu’il existe un pouvoir absolu qui dirige le monde, nous devions aussi accepter que la religion soit le moteur principal des mouvements et des programmations.
« La question est de savoir si la religion dirige le monde ou si c’est le monde qui dirige la religion. L’enjeu du conflit est le rejet de la religion de la sphère sociale, et l’instauration d’un matérialisme dans tous les domaines. Comme l’a dit le célèbre philosophe Ebn Arabi, « Le cœur a une langue que la raison ne comprend pas », la langue dont il est question est celle qui relie l’être humain à un Pouvoir supérieur que la raison ne peut comprendre.
La politique et la vie matérialistes conduisent au nihilisme qui est devenu pour les Occidentaux, ivres de leurs réussites technologiques, un modèle de vie, de philosophie et de gouvernement. L’Occident n’a pas le courage de revenir sur ses positions matérialistes et est obligé de s’opposer à la religion pour assurer la pérennité de sa philosophie.
L’islamophobie a été répandue il y a très longtemps, pour empêcher les progrès de l’islam et la lutte contre les oppresseurs. Churchill, Premier ministre anglais, avait déclaré pendant la première guerre mondiale, qu’ils « n’arriveraient à rien tant que les musulmans auront le saint Coran en main ». Les aventures du général français, Gourou, sont aussi célèbres quand, en donnant un coup de pied à la tombe de Salah-e-Din, en Syrie, il avait déclaré : « Nous voilà revenus », faisant allusion au retour des sionistes et des forces impérialistes dans ce pays. L’ennemi commun des deux blocs, capitaliste et communiste, était le croissant islamique. Quand la guerre froide s’est terminée, il fallait retrouver un autre ennemi à combattre qui ne fut autre que l’islam. Il fallait militariser l’espace international, pour permettre au bloc de l’arrogance de survivre. Ses victoires ont été agrandies et ont entraîné une fierté artificielle en partie, et que certains philosophes ont exagérée. Huntington a proposé la théorie du conflit des civilisations et de la fin de l’Histoire, dont devait sortir vainqueur le libéralisme occidental. Il fallait que tous les intellectuels, tous les peuples et toutes les idéologies rejoignent ce système de pensée. Cela permit de légitimer toutes les actions et la mobilisation générale contre l’islam après le 11 septembre.
Dans le camp des pays islamique, les chiites sont les seuls à proposer un islam authentique et de résistance, un islam révolutionnaire, capable de proposer des modèles politiques et une défense authentique des valeurs islamiques. Les chiites sont les seuls à voir défendu dans l’Histoire, l’Imamat, et a avoir poursuivi dans des contextes politiques différents, la lutte pour l’instauration d’un gouvernement islamique et la défense des valeurs religieuses. Une lutte contre l’islam signifie une lutte contre le chiisme. L’Iran qui est le centre de l’islam révolutionnaire, de l’Imamat et de la Wilayat, doit forcement être le point de mire de la politique anti islamique et islamophobe, à l’époque contemporaine.
Malheureusement, les pays islamiques et les minorités musulmanes en Occident, se sont rendu compte très tard de ce dangereux complot. Nous avons cru qu’il était possible de traiter cette question dans le cadre de discussions théoriques, dans des discussions interreligieuses, un dialogue des civilisations et des rencontres avec les intellectuels occidentaux. La réalité est que ces actions étaient les préliminaires d’une guerre tous azimuts contre l’islam. Fukuyama et Huntington étaient des stratèges qui ont contribué aux attaques contre le monde de l’islam, l’Afghanistan l’Irak, le Liban, la Palestine et le Yémen, et à la propagande anti chiite et anti iranienne.
Le monde de l’islam est tombé dans le piège et ne s’est pas rendu compte des dangers qui menaçaient la communauté islamique, nos intellectuels non seulement n’ont pas réagi mais ont aussi joué un rôle dangereux. Mohammad Arghavan, Radjab Hamed Abou Nasr, Hassan Hanafi sont tombés dans ce piège idéologique contre les valeurs islamiques dont la valeur après 1400 ans, était remise en question. Certains ont même remis en cause la Révélation, parlant de « visions d’un grand homme », et cela a contribué au rejet du Mahdavisme, de l’islam et de la Charia. D’un autre coté, les dirigeants des pays islamiques au lieu de défendre leur identité, se sont alignés sur les idées occidentales pour déraciner l’esprit révolutionnaire de leur peuple.
Au nom d’une lutte contre le terrorisme, au lieu de se réformer, ils ont contribué à la lutte contre l’islam même parfois inconsciemment. L’Occident a créé ses centres de lutte contre l’islam alors que les pays islamiques restaient à ne rien faire. Les centres de recherche occidentaux se sont lancés dans des recherches sur le chiisme et ont créé des chaires spécialisées et des diplômes officiels. Le centre de recherche « Enterprise » de Washington a engagé des milliers de personnes pour élaborer des thèses islamophobes, anti iraniennes et anti chiites, alors que nous nous contentions de riposter par des communiqué de condamnation! Un des conseillers d’Obama, qui est un prêtre qui prétend « penser différemment », a déclaré que l’islam était l’ennemi de l’Humanité et de la civilisation. Nos intellectuels qui manquent de perspicacité ont souvent été les soldats de ces idéologies anti islamiques », a déclaré Seyed Mohammad Sadiq Husseini.
533631
captcha