Il s’agit de M. Mohammed Ali Musawi, chercheur, Kada Bendaha, homme d’affaires, M.Abdullah Seif Abdullah et Mme Mouna Hamitouche, membre du Labour (parti travailliste anglais). En guise d’introduction à cette conférence, Mme Mouna Hamitouche rappelle que les orateurs parlent et s’expriment en leur nom personnel.
L’objectif de leur visite en Algérie rentre dans le cadre d’une mission d’information et de sensibilisation sur leurs activités en Angleterre pour la défense et la promotion d’une image véritable et authentique de l’islam en direction des citoyens anglais. La visite fait partie d’un programme élaboré par le gouvernement anglais.
Selon les conférenciers, il y a en Angleterre de nombreuses communautés musulmanes qui proviennent, dans leur grande majorité, du sud du continent asiatique, mais il y a aussi des communautés arabes africaines, turques et balkaniques, sans oublier ceux qui se sont convertis à l’islam.
La société britannique est constituée de citoyens appartenant à différentes races et religions.Le respect et la compréhension mutuelle entre toutes les communautés sont nécessaires pour instaurer un climat de coexistence pacifique.
Le gouvernement anglais veille à favoriser ce climat d’entente cordiale. Malheureusement, indiquent les conférenciers, l’islam dans ce pays est traversé de courants de pensée extrémistes et fondamentalistes qui ont altéré son image, déformé son message et induit en erreur de jeunes musulmans de nationalité anglaise.Il s’agit donc pour eux, de combattre pacifiquement toutes ces interprétations contraires à l’islam.
Cette riposte s’organise au travers d’actions d’éducation, de sensibilisation de la communauté musulmane afin de l’éloigner de ceux qui prêchent la violence et l’extrémismes.
Ils rappellent qu’ils contribuent à fournir des conseils, des informations au gouvernement anglais afin de l’aider à mieux faire face à tous ces courants de pensée belliqueux et n’ayant aucun lien avec les enseignements de l’islam.
On essaie d’être les ambassadeurs de l’islam, ajoute en substance M.Kada Bendaha. Nous éduquons nos enfants, nos familles avec une conception d’un islam tolérant, respectueux et pacifique qui est celui de nos ancêtres. D’ailleurs, l’unanimité se fait autour de cette affirmation chez tous les orateurs. Mme Mouna Hamitouche évoque son action au sein d’une ligue à caractère caritatif pour œuvrer à faire connaître la culture de l’Algérie, rectifier les erreurs de jugement de Britanniques à l’égard de notre pays et cela dès les années 90.
La violence ne fait pas partie de notre culture, de nos traditions. C’est ce que nous avons voulu lancer comme message aux citoyens de Grande-Bretagne. Le regard de l’Occident a changé depuis septembre 2001, et juillet 2005, lors de l’attentat de Londres. Les Britanniques n’ont jamais pensé que certains de leurs concitoyens, de confession musulmane, pouvaient perpétrer des crimes contre des citoyens britanniques.
Néanmoins, souligne Mme Hamitouche, la riposte des autorités est modérée. Il leur fallait traiter avec sérénité ce problème délicat. Il est aussi normal que la communauté musulmane se doit d’aider les pouvoirs publics en Grande-Bretagne. C’est dans son intérêt.
Des solutions doivent émaner de cette communauté. Nous agissons dans ce sens. Selon M.Mohamed Ali Musawi, il existe effectivement une forme d’islamophobie en Europe, mais on doit reconnaître que les extrémistes musulmans donnent des alibis et des prétextes aux extrémistes européens.
Il faut agir contre la pensée extrémiste par la culture, l’enseignement et prêcher les valeurs de l’islam, favoriser le pluralisme des idées, la tolérance pour empêcher que cette islamophobie ne parvienne en Grande-Bretagne, même si les Britanniques sont par nature réfractaires à toutes les idées extrémistes. L’Angleterre, rappelle-t-il, sait comment se comporter avec les minorités éthniques, sociales ou religieuses.
Les événements de septembre 2001 et de juillet 2005 sont pour beaucoup dans la prise de conscience des Britanniques. Les conférenciers indiquent qu’ils ne sont pas membres ou fonctionnaires du gouvernement anglais, mais qu’ils agissent au sein d’un Conseil consultatif qui tente de représenter tous les musulmans de Grande-Bretagne.
Il sert de trait d’union pour faciliter la compréhension, et dresser des politiques de bonne entente entre le gouvernement et les citoyens issus des communautés musulmanes. Ce Conseil consultatif est financé par le Trésor public. En résumé, après le tragique attentat de Londres en juillet 2005, les autorités ont estimé nécessaire et judicieux de se pencher sur la communauté musulmane, mieux appréhender les questions inhérentes à l’islam, sa culture et sa civilisation.
Les conférenciers déclarent s’inscrire dans ce sens pour combattre les interprétations fallacieuses et erronées qui ont beaucoup nui à l’image de l’islam.
Source: elmoudjahid