Il est important de reconnaître le travail accompli par les musulmanes. Cherchant dans l'internet "musulmanes" ou "femmes en islam" et on peut tomberer à coup sûr sur des articles relatifs à ce que les musulmanes portent sur la tête, ou comment les femmes des pays à majorité musulmane se font maltraiter ou réprimer sous le faux prétexte de principes religieux.
Mais il y a aussi, chez les musulmanes, d'autres aspects trop souvent méconnus, tus, ignorés. La cérémonie des prix de Vital Voices Global Partnership, qui a eu lieu deux jours après la Journée internationale de la femme, offre une occasion de célébrer ces qualités souvent présentes chez les musulmanes, souvent aussi passées sous silence.
Andeisha Farid a grandi dans un camp de réfugiés en dehors de l'Afghanistan. Adolescente, elle a vécu six ans au Pakistan, où elle faisait ses études tout en aidant d'autres enfants. En 2008, à l'âge de vingt-cinq ans, elle fondait sa propre organisation bénévole, Afghan Child Education and Care Organization (AFCECO), à Kaboul. Aujourd'hui, l'AFCECO gère dix orphelinats en Afghanistan et au Pakistan pour plus de 450 enfants d'origine différente.
Dans un pays où les organisations non gouvernementales qui travaillent pour les femmes et les enfants sont souvent la cible d'extrémistes religieux, Andeisha se tient constamment sur ses gardes. Mais elle reste fidèle à sa mission: fournir à ces petits afghans, non seulement un toit et des vivres, mais aussi un sentiment de respect mutuel, sans considérations d'ordre ethnique, le sens de la khak, le lien avec la mère patrie, le sens de l'autonomie, qui leur permettra de façonner leur propre avenir et celui de leur pays.
Afnan Al Zayani cumule les fonctions d'épouse, de mère, de militante sociale, de personnalité télévisuelle et de PDG d'une entreprise multimillionnaire. Les revues Forbes et Arabian Business font d'elle une des femmes les plus puissantes du Proche-Orient. Ajoutez à cela qu'elle a fortement contribué à ce que Bahreïn adopte la première loi sur le statut personnel, qui protège les droits des femmes dans les affaires de divorce ou de garde des enfants.
Roshaneh Zafar, lorsqu'elle était étudiante en économie du développement à Yale, elle lut l'histoire de Khairoon, une femme du Bangladesh qui ne possédait qu'un seul sari. Khairoon emprunta 100 dollars à la Grameen Bank, fonda son entreprise et se trouve aujourd'hui à la tête d'un magasin de friandises, d'un élevage de volailles, d'un centre d'appels et d'une collection de saris de toutes couleurs.
Roshaneh a rencontré Khairoon de nombreuses années après son premier crédit. Elle a pu constater directement le miracle de la microfinance, et comment elle transforme la vie des femmes. C'est ce qui l'a décidée à fonder son propre organisme de microfinance au Pakistan, Kashf, ou "le miracle". Kashf est aujourd'hui la troisième organisation de microfinance du Pakistan, avec 300.000 clients aujourd'hui et un objectif de 500.000 d'ici quatre ans.
Le message de Roshaneh traduit ce que beaucoup de femmes pensent: "Les femmes comptent, dans le monde. Ne nous résignons pas à notre condition actuelle. Délivrer le monde de la pauvreté et de la sujétion des femmes, c'est possible. Mais cela ne se produira que lorsque il sera permis à 50 pour cent de la population mondiale de prendre conscience de sa force profonde".
Voilà les récits qu'il faut transmettre, pas seulement pour publier les réalisations de femmes remarquables, mais aussi pour faire un sort à toutes les contre-vérités qui se colportent sur le l'influence qu'exercerait l'islam sur la destinée des musulmanes.
Source: saphirnews