Le texte sur "la diffamation des religions", proposé par le Pakistan au nom de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), a été adopté à une courte majorité de 20 voix contre 17. Huit des 47 pays siégeant au Conseil se sont abstenus.
Avant le vote, l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis se sont fortement opposés à la résolution, Washington allant jusqu'à la qualifier d'"instrument de division".
"L'UE estime que le concept de +diffamation des religions+ n'est pas pertinent dans un débat sur les droits de l'Homme", a expliqué l'ambassadeur de France Jean-Baptiste Mattéi, qui s'exprimait pour le bloc européen.
"Le droit international en matière de droits de l'Homme protège les individus dans l'exercice de leur liberté de religion ou de conviction. Il n'a pas et ne devrait pas protéger des systèmes de croyances", a-t-il ajouté.
La résolution a été défendue par l'ambassadeur pakistanais Zamir Akram, qui a estimé qu'elle était destinée à "protéger contre l'antisémitisme, la christianophobie et l'islamophobie".
"Des références spécifiques à l'islam et aux musulmans reflètent une situation regrettable dans certaines parties du monde où les Musulmans sont ciblés", a-t-il ajouté.
La résolution exprime ainsi une "vive inquiétude" à propos de "l'intensification de la campagne de diffamation des religions et de l'incitation à la haine religieuse en général, notamment du profilage ethnique et religieux des minorités musulmanes depuis les tragiques événements du 11 septembre 2001".
En outre, elle "condamne énergiquement l'interdiction de construire des minarets et d'autres mesures discriminatoires prises récemment", les qualifiant de "manifestations d'islamophobie" et faisant clairement allusion à la Suisse où un référendum en ce sens a été tenu le 29 novembre 2009.
Lors d'une conférence de presse après le vote, un représentant de l'OCI, l'ambassadeur Babacar Ba, a estimé que ce référendum était "une initiative qui porte préjudice aux libertés religieuses et aux droits des musulmans de construire comme ils veulent leurs lieux de culte".
"L'islam est souvent et faussement associé aux violations des droits de l'Homme et au terrorisme", regrette plus généralement la résolution, qui dénonce "les lois ou les mesures administratives expressément conçues pour (les) contrôler et surveiller".
M. Ba s'est aussi dit "légèrement déçu" que le texte, non contraignant, ait été adopté avec 20 voix. Une résolution de la même teneur, sans référence au référendum sur les minarets, avait encore reçu le soutien de 23 voix en 2009 au Conseil des droits de l'Homme à Genève.
Source: AFP