En début d'année scolaire, la direction de l'école, qui dépend de la ville de Charleroi, avait demandé à la jeune femme d'orgine turque de retirer le voile, qu'elle portait en classe depuis deux ans et demi.
L'enseignante avait refusé et porté l'affaire en justice. En première instance, le tribunal de Charleroi avait donné raison à la direction, au nom d'un décret sur la "neutralité" de la Communauté française de Belgique (l'institution compétente pour l'enseignement francophone en Wallonie et à Bruxelles).
Or, l'école où exerce l'enseignante musulmane ne fait pas partie du réseau de la Communauté française mais est une émanation de la ville de Charleroi, qui n'avait jusqu'ici pas précisé dans ses règlements qu'elle interdisait le port de signes religieux à ses enseignants, selon la Cour d'appel.
L'enseignante avait donc repris les cours, voilée, jeudi dernier.
Mais le conseil municipal de Charleroi a décidé mardi soir de modifier son règlement, qui interdit désormais le port de "tout signe religieux ou philosophique".
Mardi matin, l'enseignante s'est présentée à l'école et s'est vu signifier le nouveau règlement. Campant sur ses positions, elle est retournée chez elle, a expliqué son avocat, Jean-Claude Derzelle.
Si cette absence se prolonge 10 jours, elle va automatiquement perdre son poste, a précisé l'avocat, qui va saisir le Conseil d'Etat.
Le débat sur le foulard divise les partis belges. En revanche, une loi interdisant le port dans la rue et dans les lieux publics de la burqa ou du niqab, des voiles qui cachent entièrement ou en grande majorité le visage, doit être débattue à partir de mercredi devant le parlement belge, avec de grandes chances d'être adoptée rapidement.
Source: AFP