La crise financière ayant frappé toutes les places financières, n'a pas freiné le développement de la finance islamique qui réalise une percée continentale remarquable (Europe, Asie, Afrique et Etats-Unis). De ce faite, cette rencontre a profité de l’occasion pour exposer de manière détaillée l'historique et les grands principes de fonctionnement du système économique islamique en citant quelques perspectives prometteuses de ce système qui cesse de tourner autour du seul profit pour accorder une place respectable à des valeurs éthiques conformes aux exigences des musulmans.
A cet égard et dans un riche exposé, Dhafer Saidane, universitaire de la Skema Business School a dressé la liste des opportunités encore méconnues en la matière. «Pilotée par des comités charia, la finance islamique consiste à proposer des instruments de placement respectant les principes de bases de l’islam », précise D. Saidane, qui indique même, que «c’est l’offre de produits bancaires et financiers conformes à la Charia qui a soutenu le développement de la finance islamique moderne.
La rentabilité des fonds investis n’est donc qu’une des dimensions de la mesure du succès des banques islamiques ». D. Saidane n’a pas manqué, pour souligner l’importance grandissante de cette nouvelle finance, de citer l'exemple de Christine Lagarde, ministre français de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, juillet 2008 qui disait que, «nous adapterons notre environnement juridique pour que la stabilité et l'innovation de notre place financière puissent bénéficier à la finance islamique». Cela, d’autant plus que le marché de la finance islamique est en pleine expansion, les musulmans gagnant de plus en plus d'argent et offrant un nouveau marché en Europe.
Dans le même ordre d’idée et lors de son intervention Mahfoudh Barouni, président du Conseil d’Administration de la Banque Zitouna a noté que l’intérêt accordé à la finance islamique dans le monde a débuté dans les années 70, au bout d’une résistance de quatre siècles contre son lancement dans le monde musulman par les banques conventionnelles. A la fin des années 90, les banques islamiques ont atteint le nombre de 90.
« L’industrie financière islamique compte aujourd’hui 451 institutions dans 40 pays à travers le monde. Le total des actifs consolidés de cette industrie s’élève, en 2008, à 748 milliards de dollars avec une moyenne du taux de croissance annuelle de 31,5% sur les six dernières années » a-t-il ajouté.
«C’est la raison pour laquelle des pays aussi importants sur le plan économique que le Japon, le Royaume-Uni et la Chine pensent sérieusement à conforter la place de la finance islamique sur leur marché domestique, renforçant d'autant la crédibilité de ce phénomène », constate même un rapport de Moody's Investors Services (2008) présenté à l’occasion. ET ledit rapport de citer des places, telles que celles de Londres ou de Paris qui veulent être le centre international de la finance islamique, ou encore des banques étrangères ont mis en place des structures répondant aux principes de la Chari’a comme HSBC, BNP Paribas, Deutsche Bank, Citibank. Les pays du Maghreb commencent déjà à mettre en place les structures adéquates au niveau de la législation pour développer la finance islamique.
La Tunisie, quant a elle, a connu depuis 1983 la mise en place des produits islamiques avant l’implantation des banques islamiques avec deux institutions financières islamiques off-shore, en l’occurrence BEST BANK qui est devenue en 2009 Al Baraka Bank Tunisia et Bestre, exerçant respectivement dans le secteur bancaire et dans celui de la réassurance" a noté Mahfoudh Barouni, président du Conseil d'Administration de la banque Zitouna.
Des indicateurs performants qui ont mobilisés les investisseurs à mettre en place des structures dédiées à la commercialisation des financements conformes à la Charia à savoir Zitouna Banque.
Selon le président du Conseil d’Administration de la Banque « Zitouna est le fruit d’un travail collectif. Elle vient confirmer les orientations de la Tunisie en matière de consolidation du dispositif bancaire et financier ». Créée sous la loi 2001-65 avec références certains articles du COC : du 1195 au 1225 et de 1249 au 1451, loi 98-39 vente à tempérament, Zitouna banque offrira toute la gamme de services d’une banque universelle : services de financement et /ou de placement, à tout type de clientèle : particuliers, professionnels, Petites et Moyennes Entreprises, Grandes Entreprises nationales et internationales, Institutionnel. A noter qu’une dizaine d’agences seront ouvertes pour le démarrage de la banque, en 2010.
Source: africanmanager