L’école est devenue depuis le XIX siècle, le sujet de dissentiment par excellence dans le corps social y compris dans la période récente, le dernier épisode conflictuel remontant au débat autour de la loi du 15 mars 2004 portant interdiction du port des signes religieux dans les établissements scolaires.
L’école a été considérée comme une arme politique au service de deux idéologies antagoniques: l’une axées sur la religion et les valeurs traditionalistes et l’autre sur la laïcité et les valeurs républicaines.
Pour les deux idéologies, l’enseignement est perçu comme un agent de conquête et de contrôle des âmes: celui qui tenait l’école était censé contrôler la société. Si cette problématique concernait quasi-exclusivement la religion catholique jusqu’au milieu des années 80, elle s’étend progressivement à l’islam au fur et à mesure que se développe et se sédentarise une population musulmane en France.
Dans ce contexte difficile, les différents gouvernements français de gauche comme de droite, ont été confrontés à la délicate question de la formation des cadres religieux du culte musulman, et ont tenté en vain, de mettre en place un institut de formation d’imams « à la française ».
L’objectif de ces différentes tentatives était de diminuer l’influence des imams étrangers, porteurs d’un islam réputé incompatible avec les valeurs de la République.
C’est pourquoi la question de l’enseignement de l’islam en France représente l’un des enjeux majeurs des politiques publiques tant pour l’organisation du culte musulman qu’au regard des missions d’intégration assignées au système éducatif.
Or, on assiste ces dernières années, à un développement significatif mais peu contrôlé d’un tissu de centres et d’instituts de formation à la religion musulmane qui accompagnent les dynamiques de réislamisation touchant les jeunes issus de l’immigration musulmane.
Pour qui veut comprendre les dynamiques de réislamisation en cours, il paraît important d’étudier attentivement ces nouvelles structures et ces nouveaux lieux dédiés à l’enseignement de l’islam, et donc dans un premier temps de les identifier et de les caractériser, puis dans un second temps d’analyser les modes de sociabilité islamiques et citoyennes mobilisés par ces institutions.
Source: saphirnews