Représentant le chef de l’Etat, le Premier ministre a rendu grâce au Tout Puissant et le Miséricordieux d’avoir permis que cette rencontre des éminents Oulémas africains se tienne dans notre capitale.
« Trois jours durant, de riches et diverses interventions soutenues par la plus exigeante recherche de solutions islamiques aux défis qui assaillent le Monde se sont succédé pour répondre aux attentes du président en exercice de l’Organisation de la Conférence Islamique (Oci), initiateur de ce grand événement de la Oummah », a dit d’entrée le Premier ministre.
Il a ajouté : « nous devons ce résultat à l’éminente qualité des participants, qui sont des spécialistes des différentes thématiques abordées ».
Revenant sur les différents panels qui ont analysé, entre autres, les voies et moyens de garantir la justice sociale ainsi que la redistribution des ressources et les dysfonctionnements de l’organisation économique prônée par l’Islam et la nécessité d’investissement pour la création de richesses, le Premier ministre a déclaré que « les participants ont formulé des recommandations pertinentes sur la problématique de la Zakat et du Waqf ».
« Pour renforcer ces enseignements précieux, le thème de « la finance islamique et développement économique », a montré que la finance islamique constitue une bonne opportunité pour repenser les stratégies et politiques de développement en Afrique afin de réduire l’exclusion des couches défavorisées et l’activité économique et bancaire », a souligné le chef du gouvernement.
Il est d’avis que les exposants sont arrivés à la conclusion selon laquelle une forte volonté politique pourrait contribuer à vaincre les réticences dans la mesure où de nombreux pays, y compris certains, dont la culture et l’histoire ne s’y prêtaient guère, se sont résolument tournés vers la finance islamique, au point de procéder à une relecture et à une révision de tout leur dispositif de gestion monétaire et de supervision bancaire.
Pour soutenir ces conclusions fort importantes, a encore noté le Premier ministre, le panel « savoir dans la Oummah », a permis aux experts de partir du principe selon lequel l’Islam est une religion de paix et de justice, qui exalte le savoir, l’effort de réflexion personnelle et la pensée critique, pour démontrer qu’il de devrait donc pas être source de fanatisme et d’obscurantisme. Sur le thème « message islamique dans un monde en crise », le Premier ministre a retenu qu’il a démontré que le premier défi de ce message, est de montrer par la parole et par l’acte, le vrai visage de notre religion.
Il s’agira donc pour nous, a dit Souleymane Ndéné Ndiaye, « de dialoguer avec les autres hommes et femmes de bonne volonté appartenant à d’autres religions mais qui partagent notre souci de vivre ensemble et en paix, dans le respect de nos différences et de nos convictions ».
Une autre priorité majeure du message, conformément à la vision du président Wade, devrait être, selon le Premier ministre, le règlement du conflit israélo-palestinien, avec l’établissement d’un Etat palestinien internationalement reconnu à l’intérieur de frontières sûres.
Aux participants, il a lancé: « il ressort de vos assises, des propositions concrètes, principalement la mise en place d’un cadre d’échanges et d’unité entre Oulémas sur les défis qui interpellent la Oummah, le développement de l’enseignement de l’Islam, par la création d’une université Islamique au Sénégal, en collaboration avec le fonds de solidarité islamique de l’Oci et la création d’une organisation en charge de la collecte et de la redistribution de la Zakat, en Afrique et dans le monde ».
Saluant les contributions, le représentant du chef de l’Etat a dit que les Oulémas ont mis en exergue le rôle primordial pour la promotion des idéaux de l’Islam, qui a, en réalité, déjà développé une solution aux problèmes existentiels auxquels nous faisons face.
« Vous avez aussi montré au monde entier que l’Afrique est et restera toujours au rendez-vous pour apporter sa contribution à la résolution des problèmes du monde, à travers ses intellectuels et érudits musulmans, et qu’elle reste déterminée à participer, de manière active, à la promotion des valeurs islamiques de solidarité et de paix », a encore lancé le Premier ministre aux Oulmémas avant de leur donner rendez-vous en 2011 à Dakar.
La conférence des Oulémas d’Afrique a insisté sur la promotion du développement durable, la réduction de la fracture numérique. Apportant leur soutien à l’éducation et au développement de l’enseignement islamique, les Oulémas d’Afrique annoncent la création d’une Université islamique au Sénégal.
Pour venir à bout des disparités économiques entre pays de la Oummah islamique, les Oulémas d’Afrique encouragent la mise en place d’une organisation internationale chargée de la collecte et de la distribution de la zakat. Mieux, ils recommandent l’institutionnalisation de la zakat et du waqf orientés essentiellement vers l’investissement, dans les pays africains, en vue de lutter contre le chômage et la pauvreté.
La 1ère conférence des Oulémas d’Afrique a adopté par acclamations une déclaration dite de Dakar. Ce document de six pages contient les grandes lignes du plan d’action que comptent dérouler les Oulémas et érudits d’Afrique.
Après s’être félicités de l’initiative du président Wade, les Oulémas ont exprimé leur solidarité agissante au peuple palestinien dans son combat contre l’occupation israélienne. Ainsi, la conférence des Oulémas condamne et dénonce fermement la violente agression israélienne contre la flottille destinée à Gaza.
Elle réclame, dans la même dynamique, la levée immédiate du blocus de Gaza. Les Oulémas d’Afrique réaffirment aussi leur engagement pour la cause palestinienne et la lutte pour l’avènement d’un Etat palestinien viable avec Jérusalem comme capitale. Ils rappellent que l’Islam est une religion de paix et de tolérance et invitent tout musulman à montrer par la parole et par l’acte, le vrai visage de notre religion et à promouvoir le dialogue des religions et des cultures.
La conférence des Oulémas d’Afrique s’engage à lutter contre l’islamophobie et à rejeter toute violence et tout extrémisme. Une manière d’inviter les Oulémas et penseur musulmans d’Afrique « à promouvoir les valeurs islamiques dans le processus de développement intégral en vue d’apporter la contribution du Continent à la gouvernance mondiale ».
Soulignant la nécessité de renforcer concrètement la solidarité islamique et les relations économiques entre Etats musulmans, les Oulémas d’Afrique encouragent les gouvernements, les institutions, les décideurs, les leaders d’opinion et les organisations non gouvernementales à soutenir la recherche et le partage du savoir qui, seuls, peuvent garantir un développement durable au sein de la Oummah.
Aussi, invitent-ils la communauté internationale à explorer les opportunités qu’offre la finance islamique pour repenser les modèles économiques et financiers qui ont fini de montrer leurs limites lors des récentes crises alimentaires, économiques et financières mondiales.
Les Oulémas ont décidé, entre autres mesures, de constituer une coordination continentale des Oulémas dans le but de fédérer les efforts et les apports intellectuels des Oulémas de l’Afrique, au profit d’une contribution agissante de la Oummah et de l’humanité tout entière. Les différents participants à la conférence de Dakar sont membres d’office de l’association ainsi créée.
Source: lesoleil