Mahamoud Dicko: le Haut Conseil Islamique est un organe qui réunit toutes les associations islamiques

10:29 - June 18, 2010
Code de l'info: 1941664
Mali(IQNA)- Interview avec Mahamoud Dicko, le président du Haut Conseil Islamique du Mali : “On ne peut gagner aucun combat, atteindre aucun objectif dans la division”.
Mahamoud Dicko: le Haut Conseil Islamique est un organe qui réunit toutes les associations islamiques
Mali(IQNA)- Interview avec Mahamoud Dicko, le président du Haut Conseil Islamique du Mali : “On ne peut gagner aucun combat, atteindre aucun objectif dans la division”.
Depuis 2008, Mahamoud Dicko est le deuxième président du haut conseil islamique du Mali créé en 2002 pour gérer la vie quotidienne de la Oumma malienne. Il est également le Directeur de la radio islamique de Bamako.

-Islam Info. : Presentez-nous le Haut Conseil Islamique ? Qu'est ce qu'il fait exactement ?
-Mahamoud Dicko : Le Haut Conseil Islamique est un organe fédérateur qui réunit toutes les associations islamiques, les courants et les diverses tendances islamiques. Le Haut Conseil Islamique joue l'interface entre le pouvoir public et la communauté musulmane. C'est la voix officielle de l'islam dans le pays. C'est au conseil que l'Etat s'adresse s'il y a à échanger avec les musulmans. Et si les musulmans aussi ont des préoccupations à soumettre à l'Etat, c'est au Haut Conseil Islamique qu'ils s'adressent.

-Le Haut Conseil Islamique regroupe t-il seulement les imams ou les présidents des associations ?
-Il ne s'agit pas seulement des imams ni des présidents d'associations seulement. Il y a tout le monde. Les responsables d'associations, les guides spirituels, les dirigeants de confréries, les imams, les professeurs d'universités, les fonctionnaires de l'administration etc.

-Et le financement de vos activités, qui s'en charge ?
-En réalité, ce sont les musulmans qui assurent le financement de notre organe. Nous avons aussi des facilités avec l'administration. Par exemple, c'est l'administration qui a offert notre siège. Mais le fonctionnement quotidien est l'affaire des musulmans.

-Il existait déjà des associations qui faisaient le travail. A quoi répondait le besoin de les avoir fédérées?
-Au Mali, avant les évènements du 26 mars 1991( l'insurrection populaire qui a aboutit au changement de régime), une seule association couvrait toute l'étendue du territoire et avait été créée par la volonté de l'administration.
C'était l'Association Malienne pour l'Unité et le Progrès de l'islam (AMUPI). C'est en réalité, la toute première association qui a des démembrements partout même dans les villages. Elle est centralisée à Bamako par un bureau exécutif. Après donc les événements de 1991 qui ont apporté l'ouverture, plusieurs associations ont été crées.
Il y a aujourd'hui, près de 200 associations musulmanes qui existent. Face à cela, le gouvernement a senti le besoin d'avoir un interlocuteur parce qu'on ne peut pas s'adresser à 200 associations à la fois. On a donc jugé nécessaire de trouver un cadre fédérateur qui peut engager toute la communauté musulmane. C'est le Haut Conseil. Il a été créé par un arrêté ministériel. Un bureau a été mis en place pour préparer le congrès.
Aujourd'hui, dans toutes les régions, nous avons des représentations. Mais toutes les associations présentes dans le Haut Conseil gardent leur autonomie. Et quand il s'agit des questions d'ordre national, c'est le Haut Conseil qui est concerné.

-Qui peut être président du Haut Conseil ? Seulement un imam ?
-Pas forcément un imam. Il est bon néanmoins qu'une association musulmane soit dirigée par une personnalité musulmane comme un imam ou un érudit. Mais, on peut aussi confier la responsabilité à toute personne dont les qualités morales et spirituelles permettent d'être président. La voie est libre pour tout le monde. Le congrès choisi par rapport à la qualité morale et spirituelle et l'engagement pour la cause islamique.

-Combien de personnes emploie-t-elle ?
-Il y a cinq personnes qui assurent en permanence. Ce sont les techniciens et une dizaine vient temporairement. Il y a également une dizaine d'animateurs sans compter les personnalités religieuses qu'on invite pour animer des émissions spéciales. Quand nous avons créé la radio, nous avons partagé la tâche la plus importante qui est les prêches entre les membres du bureau exécutif de l'AMUPI qui était la promotrice de cette radio. Nous avons partagé les 7 jours de la semaine entre les érudits pour animer.
Nous avons procédé ainsi parce que nous savons que la radio est un outil à la fois important et dangereux. En cas d'une mauvaise utilisation, elle peut occasionner des dérapages. Autant elle peut servir, autant elle peut détruire. Nous avons jugé bon qu'il faille maîtriser l'outil et qu'il faut éviter dans nos émissions les sujets à polémiques entre les musulmans. Tous les sujets à controverse sont mis de côté pour nous concentrer sur ce qui nous unis le plus. Nous avons des tables rondes où les invités viennent exposer sur les pratiques cultuelles de l'islam. Tous ceux que nous invitons aussi s'inscrivent dans cette logique.
Cela a permis aujourd'hui à la radio d'apporter beaucoup à la cohésion et à l'unité des musulmans du Mali. En plus de cela, elle a éveillé leur conscience sur la pratique religieuse.
Le dialogue inter-religieux est bien, mais le dialogue inter-musulmans est plus important parce qu'il faut d'abord consolider l'union au sein de la famille musulmane , ensuite dialoguer avec les autres. Notre radio a contribué à cela.
Enfin nous avons abordé les questions taboues de façon intelligente de sorte qu'elles ne soient pas l'objet de controverse entre les musulmans. Et nous nous réjouissons de voir qu'au Mali, les musulmans se côtoient sans difficultés. Les musulmans ont compris qu'ils ne sont pas les ennemis des uns et des autres. Si vous combattez votre frère musulman, c'est que vous vous trompez de combat et d'adversaire. Et cela est grave.

-Qui vous aide ?
-Seuls les musulmans contribuent au fonctionnement de la radio. C'est un seul musulman qui a donné les moyens pour mettre en place cette radio. Il a mis à la disposition de la radio toute la logistique. Il a donné 50 millions pour le faire. C'est maintenant que l'Etat nous verse une subvention de 500.000 Fcfa par mois que nous avons demandée. Nous versons 50.000Fcfa à chaque prêcheur.

-Comment appréciez-vous la pratique religieuse au Mali dans son ensemble ?
-La pratique se passe bien. Le Mali est un vecteur de l'islam. Il a connu l'islam depuisson apparition en Afrique de l’Ouest; C'est depuis l'année 66 de l'hégire que les musulmans sont arrivés au Mali. Nous avons connu l'islam au même moment que le monde arabe. C'est une vielle terre de l'islam. C'est un pays qui a une civilisation musulmane, une tradition musulmane. L'islam est notre patrimoine car notre fond culturel est pétri de l'islam.

-Que fait-on au centre culturel islamique ?
-Ce centre a été construit par la Libye et les Emirats Arabe Unis dans le cadre de la coopération entre eux et le Mali. C'est un complexe qui abrite des salles de réunions, de conférences, une mosquée et la maison du hadj.
Source: abidjan
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