El Hadj Vassiriki Touré: Nous allons assainir l’organisation du Hadj

9:10 - June 27, 2010
Code de l'info: 1946320
Côte d’Ivoire(IQNA)- Face aux nombreux échecs qui ont émaillé l’organisation du Hadj ces dernières années en Cote d’Ivoire, le Conseil supérieur des Imams a mis sur pied, le bureau ivoirien du Hadj et de la Oumra (Biho).
El Hadj Vassiriki Touré: Nous allons assainir l’organisation du Hadj
Côte d’Ivoire(IQNA)- Face aux nombreux échecs qui ont émaillé l’organisation du Hadj ces dernières années en Cote d’Ivoire, le Conseil supérieur des Imams a mis sur pied, le bureau ivoirien du Hadj et de la Oumra (Biho).
Dans cet entretien, le directeur exécutif de cette structure nous explique les motivations et les ambitions du BIHO.

-Peut-on avoir un aperçu succinct de l’organisation de la communauté musulmane en Côte d’Ivoire ?
-Merci de l’intérêt que vous accordez à notre communauté. A l’instar de tous les pays où l’on trouve des musulmans, en Côte d’Ivoire, on a des imams et des oulémas qui dirigent la communauté.
Mais à la différence du christianisme, il n’y a pas de clergé formel en Islam. En Côte d’Ivoire, les Imams ont donc mis en place le conseil supérieur des Imams (COSIM). Ce conseil est la plus haute autorité spirituelle islamique de notre pays. Le Cosim a ensuite créé le conseil national islamique (CNI) avec pour mission d’orienter et de coordonner les activités de toutes les associations musulmanes en Côte d’Ivoire.

-Qu’est ce qui motive aujourd’hui la création du Bureau ivoirien pour le Hadj et la Oumra?
-Vous n’ignorez pas que depuis quelques années, il y a des difficultés dans l’organisation du Hadj.
Il y a eu une crise occasionnée à la fois par le ministère de l’Intérieur et par les associations musulmanes impliquées dans l’organisation qui a débouché sur le drame de 2006 bis. Le Cosim, en tant que haute autorité spirituelle, sollicité par les malheureux candidats au pèlerinage avait demandé au Chef de l’Etat d’aider la communauté à résoudre ce problème. C’est alors que le Président a marqué son accord à condition que le Cosim s’implique dans l’organisation en tant que son interlocuteur et porte-parole de la communauté.
Après le relatif succès de 2007 sur cette base, la direction générale des Cultes du ministère de l’Intérieur a changé les règles de la collaboration en s’adressant directement aux associations musulmanes afin de contourner les exigences du COSIM. En conséquence, l’organisation du Hadj par l’Etat en 2008 et 2009 a encore enregistré des problèmes.
A partir de ce moment-là, le premier responsable de la communauté, le Cheick Aïma, ne pouvait rester indifférent, parce que le Hadj est avant tout une affaire religieuse. Compte tenu donc de toutes les difficultés que le Hadj a connues ces dernières années et sur les conseils du président de la République, le Cosim a organisé des séminaires de réflexions qui ont abouti à la création du BIHO. Ce bureau fait désormais partie de l’architecture organisationnelle de l’islam en Côte d’Ivoire.

-Quelles sont donc les missions de cette structure ?
-Tirant les leçons des difficultés du passé, le Biho s’est assigné pour mission, d’assainir le milieu du Hadj et de professionnaliser son organisation. Ce faisant, il vise trois objectifs qui sont, d’abord de protéger l’intérêt du pèlerin qui est le principal acteur du pèlerinage, ensuite d’asseoir le respect et la cohésion de la communauté musulmane. Enfin, de préserver l’image de la Côte d’Ivoire à l’extérieur, notamment en Arabie Saoudite. Pour y parvenir, le BIHO a décidé de fixer des règles de gestion vertueuse du Hadj.

-Y a-t-il une démarcation entre le Cosim et le Biho ?
-Le Cosim est la plus haute autorité spirituelle de la communauté musulmane. Quand il a créé le Cni, il ne s’est pas ingéré dans sa gestion quotidienne. La seule chose que le Cosim a exigée en créant le BIHO, est qu’il y ait un Conseil des Imams et des Oulémas qui veille sur la gestion. La nouveauté, c’est aussi le fait que le Cosim a demandé que les membres du BIHO, le conseil d’administration et le Conseil des imams et des oulémas prêtent serment sur le coran. Pour éviter d’être juge et partie, le BIHO a créé un commissariat au Hadj qui est son bras opérationnel. Les membres de ce commissariat ont eux-aussi prêté serment. Tout organisateur qui voudra obtenir un agrément du BIHO pour organiser le pèlerinage sera tenu de prêter serment sur le Coran.

-Pensez-vous que la communauté musulmane est prête à s’affranchir de la tutelle de l’Etat quant à l’organisation du Hadj ?
-L’organisation du hadj a évolué de la marche à pied à l’organisation massive avec les moyens modernes de transport que nous avons aujourd’hui. Beaucoup de personnes se sont improvisées dès lors, organisateurs du Hadj et certains même en font une profession sans en avoir ni les moyens ni la compétence. C’est ce qui pose les problèmes que nous connaissons actuellement. En ce qui concerne la gestion de l’Etat, nous estimons qu’il y a eu des avancées. L’organisation de 2007 était très prometteuse parce que le Cosim a été associé à tous les niveaux de prises de décision.
Mais après 2007, le COSIM attendait une analyse critique de l’organisation précédente en vue d’une évaluation corrective. Mais au lieu de cela, ses critiques ont été mal reçues par les fonctionnaires de la Direction Générale des Cultes du Ministère de l’Intérieur qui ont décidé de l’exclure. Malheureusement en 2008 et en 2009, les mêmes problèmes ont resurgi.
Source: abidjan
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