Après avoir expliqué les concepts du patrimoine et d’identité, le conférencier s’est interrogé sur la manière de préserver le patrimoine arabo-islamique et l’identité culturelle et civilisationnelle arabo-islamique à une époque où le monde est sous l’emprise de la mondialisation.
Il a par ailleurs posé la question de savoir comment concilier les exigences de la souveraineté nationale et les spécificités spirituelles, culturelles et civilisationnelles, d’une part, et les exigences de la mondialisation, d’autre part.
A cet égard, le conférencier a indiqué que « la mondialisation a un impact négatif à la fois sur l’identité et le patrimoine », ajoutant que le premier constat qui se dégage de la position de l’Occident envers les identités des peuples est que cette position est contradictoire : d’un côté, l’Occident est si fier de son identité sur laquelle il veille jalousement et, de l’autre côté, il refuse de reconnaître les identités nationales des peuples du monde, conscient qu’il est que la mondialisation tend à sensibiliser aux spécificités culturelles et civilisationnelles.
A la lumière de cette problématique réelle, se demande le conférencier, la question qui se pose est la suivante : cette mondialisation qui tend tant à oblitérer les identités, est-elle une nouvelle forme de guerre civilisationnelle que mène l’Occident contre les identités des peuples et les cultures des nations afin d’imposer une seule et unique culture et assujettir le monde à une seule civilisation ?
A ce propos, le conférencier soutient que « l’identité imposée aux peuples par la force est en contradiction totale et flagrante avec le droit international et les relations internationales, voire avec le principe de pluralité qui, faut-il le rappeler, est une loi établie par Dieu, et avec le concept de diversité culturelle. Si la mondialisation persiste dans la voie qui lui et tracée, elle risquera de sonner le glas de la stabilité internationale, car l’identité imposée par la force aux sociétés humaines par le biais de la mondialisation porte le coup de grâce à l’identité culturelle et civilisationnelle des peuples et sape les fondements de la coexistence culturelle entre les nations ».
Dr Abdulaziz Othman Altwaijri a par ailleurs affirmé : « Notre patrimoine est un legs que nous devons préserver, et cette tâche est une responsabilité commune à toutes les composantes de la Oumma. De même, notre identité est le trait qui nous distingue des autres peuples et nations. C’est la source de notre fierté et le rempart contre les influences extérieures ».
Il a souligné qu’à la lumière de cette conjoncture internationale instable, les sociétés humaines sont de plus en plus menacées dans leur sécurité intellectuelle et religieuse, leurs spécificités culturelles et civilisationnelles et leur patrimoine civilisationnel. Ce danger, a-t-il précisé, augmente à mesure que s’affaiblit la résistance face aux tentatives visant à briser la volonté des peuples et imposer un ordre unique à l’humanité entière.
Il a ajouté que la Oumma arabe fait aujourd’hui face à d’immenses défis qui menacent non seulement l’identité, la personnalité les spécificités de cette glorieuse Oumma qui est investie d’un noble message civilisationnel, mais aussi sa sécurité spirituelle et culturelle.
Abordant la relation entre le patrimoine et la modernité, Dr Abdulaziz Othman Altwaijri a souligné que le patrimoine n’est pas en contradiction avec la modernité, l’amélioration et la rénovation des idées, des visions et des méthodes. De plus, il est la base solide de toute action visant à changer vers le meilleur et le rempart contre la disparition et la déliquescence. En conséquence, préserver son patrimoine, c’est préserver son identité.
Source: ISESCO