Le marché des obligations islamiques retrouve le chemin de la hausse

10:05 - August 03, 2010
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Londres(IQNA)- Au premier semestre 2010, les émissions de «sukuks» (obligations islamiques) ont atteint 13,7 milliards de dollars, soit presque deux fois plus qu’au premier semestre 2009 (7,1 milliards).
Standard & Poor’s, dans sa dernière étude sur le sujet, veut y voir une embellie sur le marché, même si le niveau reste loin de celui d’avant-crise, où des sukuks avaient été émis à près de 35 milliards de dollars en 2007.
Les obligations souveraines ont représenté 75% du volume des émissions. Les institutions financières d’Asie et du Golfe retournent graduellement sur le marché. Dernier signe qui ne trompe pas, le Japon (au travers de Nomura Holdings) a lancé en juillet son premier sukuk pour 100 millions de dollars.
S&P anticipe donc une croissance soutenue pour la deuxième partie de l’année, venant à la fois de la reprise des émetteurs historiques et de l’entrée en lice de nouveaux acteurs, notamment privés, «à supposer que la reprise économique se poursuive».
Du côté de la France, Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a annoncé la publication prochaine de quatre nouvelles instructions fiscales pour encourager le développement de la finance islamique sur les opérations de type sukuk (L'Agefi du 7 juillet 2010).
Toutefois, plusieurs facteurs sont de nature à freiner la reprise. D’abord, le coût d’émission des sukuks qui est sensiblement supérieur à celui des produits obligataires similaires.
Alors que le degré de sécurité de la finance islamique était présenté comme supérieur à celui de la finance conventionnelle, plusieurs émetteurs de sukuks ont fait défaut ces derniers temps. Début 2009, Kuwait Investment Dar n’est pas parvenu à rembourser un sukuk de 100 millions de dollars, pas plus que le groupe saoudien Saad qui n’a pas payé le coupon sur son sukuk de 650 millions de dollars. L’année s’est terminée par la défaillance du groupe immobilier dubaïote Nakheel, qui a rééchelonné le paiement de son sukuk de 3,5 milliards de dollars.
Les clés de l’expansion du marché pour S&P résident donc dans la mise en place de procédures de défaillance, une standardisation de l’interprétation de la charia au niveau de la finance islamique, et une augmentation de la liquidité des sukuks en les intégrant sur les marchés réglementés.
Source: agefi
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