Ramadan 2010: les nouvelles tendances du halal

11:00 - August 13, 2010
Code de l'info: 1972243
France(IQNA)- Florence Bergeaud-Blackler, Docteure en Sociologie, chercheure associée à l’Institut d’Etude et de Recherche sur le Monde Arabe et Musulman (CNRS) d’Aix-en-Provence et Bruno Bernard, expert en commerce international se sont unis pour la rédaction de cet ouvrage.
Ramadan 2010: les nouvelles tendances du halal
France(IQNA)- Florence Bergeaud-Blackler, Docteure en Sociologie, chercheure associée à l’Institut d’Etude et de Recherche sur le Monde Arabe et Musulman (CNRS) d’Aix-en-Provence et Bruno Bernard, expert en commerce international se sont unis pour la rédaction de cet ouvrage.
L’objectif de cet ouvrage est Appréhender les origines et les principaux enjeux économiques et sociaux de la production, de la régulation et de la consommation halal dans le monde. Et ainsi dédramatiser un sujet parfois tabou, quelquefois instrumentalisé et souvent polémique. En ce début de ramadan, Florence Bergeaud-Blackler a accepté de répondre aux questions de La Provence.

-Pourquoi "Comprendre le halal" ?
-Florence Bergeaud-Blackler : Le marché halal est resté peu étudié, mal compris pendant longtemps. Ce livre nous l’avons écrit pour un public large et pour ceux qui parlent du halal sans savoir ce que cette marque, apposée sur un nombre croissant de produits de consommation, recouvre réellement. Bruno Bernard, consultant pour la Chambre de Commerce de Bruxelles, et moi-même, l’avons souhaité sous forme de dialogue qui laisse voir nos divergences, car nous avions des expériences et des points de vue différents.
Bruno n’est pas comme moi un observateur, c’est un acteur du marché halal, il pense halal en termes de marketing, et finalement il incarne ceux qui sont à l’origine de ce grand marché mondialisé.
Pour comprendre les dynamiques du marché halal mieux vaut donc dialoguer avec Bruno qu’aller faire des enquêtes dans les mosquées ou dans les cages d’escalier des cités ! Certes il existe des tabous et des prescriptions alimentaires en Islam, mais le "marché" halal n’est pas un produit de l’immigration, il a été inventé par les grandes firmes occidentales, dans un contexte d’accélération des échanges mondialisés. Les imams n’ont joué qu’un rôle marginal dans son développement.

-Dans votre livre vous tentez de combattre les idées reçues. Quels sont les principaux préjugés concernant les produits halal ?
-F B-B : Ce livre s’adresse aussi aux collectivités, aux responsables de restauration qui ne savent pas quoi répondre aux demandes de menus halal, préfèrent les ignorer, utilisant parfois l’argument- fallacieux- de la laïcité, souvent aussi par sincère méconnaissance.
Nous mettons en pièces quelques idées reçues, montrons que l’argent du halal ne finance pas le culte musulman, que les certificats halal ne sont pas délivrés par des imams ou des mosquées, qu’il n’existe pas de définition juridique de ce qu’est un produit « halal », qu’il est abusif de parler de tromperie ou de fraude du halal dans ces conditions, mais que c’est un excellent argument de vente etc.
Source: laprovence
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